Actualisé 04.07.2013 à 16:18

Genève

Une nouvelle usine d'incinération pour 2022

Le canton de Genève va remplacer son usine d'incinération et de valorisation des déchets, surdimensionnée et inefficiente.

Prévue pour 2022, la nouvelle installation, Cheneviers IV, traitera jusqu'à 180'000 tonnes de déchets et produira davantage d'électricité et de chauffage.

«C'est un projet ambitieux», a déclaré jeudi devant les médias la conseillère d'Etat Michèle Künzler, en charge du Département de l'intérieur, de la mobilité et de l'environnement (DIME). Cheneviers IV sera construite juste à côté de l'usine actuelle, avec une emprise au sol moitié moins importante. Le recours à une technologie de pointe permettra de réduire ses coûts de fonctionnement.

Tout en tenant compte de l'augmentation de la population, le projet table sur un taux de recyclage de 60%, contre 45% actuellement. Les 160'000 à 180'000 tonnes de déchets restant à incinérer chaque année seront, par ailleurs, mieux valorisés d'un point de vue énergétique. La chaleur ainsi produite couvrira les besoins de 80'000 ménages et l'électricité, de 40'000 foyers.

La nouvelle usine nécessitera aussi moins de personnel. Le nombre de collaborateurs passera de 107 à 50 grâce à des départs naturels à la retraite, a fait savoir Alain Peyrot, président du Conseil d'administration des Services industriels de Genève . L'établissement public autonome payera l'intégralité du projet, soit 255 millions de francs. L'ancienne usine sera démolie.

Communes à la caisse

Dans l'intervalle, les communes devront temporairement payer davantage pour l'élimination de leurs déchets. Inchangée depuis 1998, la taxe d'incinération ne couvre pas les coûts d'incinération, alors que les tarifs genevois sont les plus élevés de Suisse, a relevé Mme Künzler. Conséquence: le déficit se monte à près d'un million de francs par mois pour les SIG.

Afin d'équilibrer les comptes et de respecter le principe fédéral du pollueur-payeur, la taxe communale augmentera de 5% dès 2014 et jusqu'à l'ouverture de l'usine en 2022. Une hausse de 266 à 278 francs par tonne, toutes taxes comprises, acceptée par les communes. «Elles auront tout intérêt à valoriser les déchets», note la cheffe du DIME, qui va lancer une campagne de recyclage cet été.

Indépendance du canton

Le comité de pilotage de Cheneviers IV, comprenant les SIG, l'Etat de Genève et les communes, a étudié plusieurs scénarios pour Cheneviers IV. Il s'est avéré que le site actuel présente les meilleurs atouts, selon Mme Künzler. Le transport fluvial des déchets, un modèle unique en Suisse, sera maintenu, mais avec de nouvelles barges afin de diminuer l'érosion du Rhône.

Pour des raisons éthiques et écologiques, Genève a exclu d'exporter ses déchets ou d'en importer. Depuis la construction de Tridel à Lausanne, le canton n'incinère d'ailleurs plus ceux provenant des communes vaudoises de Terre Sainte. Le canton a aussi fait le choix de l'indépendance à long terme. (ats)

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