Concert à Lausanne: Une onde de folie avec Naive New Beaters
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Concert à LausanneUne onde de folie avec Naive New Beaters

Le trio parisien est revenu en force à l'automne avec son 2e album «La Onda». Rencontre décalée et déjantée avec David Boring, Martin Luther B.B. King et Eurobélix.

par
Fabien Eckert

Comment avez-vous vécu le succès de votre premier album «Wallace»?

David Boring: C'était cool même si le label aurait bien voulu qu'on en vende quelques palettes de plus. Ça nous a aussi permis de faire une grosse tournée pendant deux ans. D'ailleurs elle nous a bien fatigué et elle nous a filé des cernes.

Quid de l'étiquette d'OVNI dans la musique française?

Eurobélix: Je crois pas du tout aux extra-terrestres.

Martin Luther B.B: King: Cette étiquette est venue parce que les gens ne savaient pas dire quel style on jouait.

D.B.: Pour nous c'était cool parce que grâce à cette étiquette, on a pu jouer dans différents festivals et dans différents clubs. Même parfois à 3h. du mat' après une soirée hip-hop. Et une soucoupe volante c'est quand même vachement pratique et rapide pour se déplacer de concerts en concerts.

La pression pour ce 2e album après le carton du premier?

D.B.: Oui, clairement. C'était le stress. Le minimum syndical était de faire aussi bien que le précédent. Ça fout les boules.

M.L.: La pression du temps également. Après deux ans de tournée, on avait aucun morceau en stock.

D.B.: Ouais, on a bien bâclé «La Onda» (rires)!

M.L.: Normalement, il aurait fallut faire trois couches de peinture et on en a fait qu'une. Mais ça a marché. Après une année, peut-être qu'elle se décollera et qu'il faudra faire un 3e album.

D.B.: Bon, on rigole mais dans l'urgence on bosse parfois mieux que quand on a du temps. C'est drôle parce que des fois le label nous disait qu'on avait encore du temps et le lendemain il nous mettait la pression. Le double discours ça rend fou! C'est d'ailleurs un message qui s'adresse à la terre entière.

Quels ont été les premières critiques de «La Onda»?

D.B.: La mère d'Eurobélix a dit que c'était cool parce que je chantais pas faux sur ce disque. La mienne a trouvé sympa parce que c'était moins fort en volume que «Wallace».

M.L.: Ma mère m'a dit qu'elle n'aimait pas la piste n°8. Mais elle n'est pas sûre que ce soit bien celle-là. Du coup, je sais toujours pas quel morceau elle n'aime pas. Elle a trouvé le reste très sympa. Et selon mes parents, plus on écoute l'album plus on l'apprécie.

D.B.: Ma maman m'a aussi avoué qu'elle en avait marre de l'écouter parce que mon père le faisait tourner en boucle toute la journée à la maison.

Vous avez créé un nouveau style avec «Wallace», le naive new beat. Qu'en reste-t-il aujourd'hui sur «La Onda»?

D.B.: Il a grandi. Je trouve qu'il s'est féminiser, il est devenu exotique et il est plus éclectique qu'avant.

Vous vous êtes calmés aussi sur certains morceaux...

D.B.: C'est vrai. On passe plus d'un extrême à l'autre. Par exemple, à cause de «Basic Zoom» j'ai failli choper deux crises cardiaques. A l'inverse, certains titres sont plus dans l'ambiance «coin du feu sur la plage à 2 heures du mat' à draguer des pépettes».

Pourquoi vous être inventé des noms de scène: Martin Luther B.B. King (guitariste), Eurobelix (machines), David Boring (chant)? Vous n'assumez pas le fait d'être des musiciens?

E.: Là, je crois qu'il y a un gros malentendu. Personnellement, mes parents s'appellent Monsieur et Madame Bélix. Et d'un commun accord avec moi-même, j'ai choisi de me prénommer Euro.

D.B.: Je pense que tes parents se sont bien foutus de ta gueule! (rires)

M.L.: Quant à moi, c'est pour donner une touche américaine. Même si mon prénom, Martin, prononcé en anglais, ça fait fille.

D.B.: Et moi, David Boring, c'est mon vrai nom.

Que retenez-vous des 200 dates de votre tournée depuis 2010?

E.: On a déjà appris à faire des concerts. Parce qu'avant «Wallace» on avait aucune expérience. Et puis ça nous a permis de voyager. Du coup, nos cartes de fidélité auprès des compagnies de transports ont augmenté leur capital. Ça nous a aussi fatigué. Et donc, on a aussi appris à dormir.

A quoi doit-on s'attendre avec les live de «La Onda»?

D.B.: On a décidé de donner tous nos shows allongés. Les gens s'endorment après quelques morceaux.

M.L.: C'est un nouveau concept: les concerts sieste. Les gens aspirent à du repos, surtout quand ils se rendent à un concert, alors on va le leur donner.

D.B.: En fait, on a tout changé. On a des nouvelles tenues de scènes qui brillent encore plus qu'avant, on a une nouvelle mise en scène inspirée d'un plateau TV exotique des années 1960. Et puis on a surtout les nouveaux morceaux de «La Onda», parce qu'avant on pouvait pas les jouer ils étaient pas encore écrits.

Et comment a réagi le public à ces nouveaux titres?

D.B.: Ça chaloupait pas mal.

M.L.: Y compris sur «Fourteen» qui est un espèce de slow romantique. Les gens bougeaient dessus.

D.B.: C'était d'ailleurs bizarre. Je me suis demandé pourquoi les gens dansaient autant sur un slow.

M.L.: Sinon le public est très chaud sur «Shit Happens», un morceau autobiographique pour tout le monde.

D.B.: Les premiers concerts qu'on a donnés m'ont donné l'impression que rien n'était acquis. Du coup, il fallait convaincre comme au début de la tournée précédente. C'est assez excitant tout en sachant que tout est à refaire.

M.L.: Mais c'est excitant.

D.B.: Mais tout est à refaire.

M.L.: Oui mais c'est excitant quand même.

Quelle est la drogue qui permet de vous plonger dans voter univers?

M.L.: Beaucoup de kiwis, dès le matin. C'est essentiel.

E.: J'ai récemment découvert la pâte à tartiner Ovomaltine. Ça croustille sous la dent. Je suis en train de devenir accro.

Vous êtes en Suisse, quid de la fondue?

D.B.: J'émets une critique: je ne la trouve pas assez alcoolisée en comparaison de la française. Je veux pas mettre en concurrence la Suisse et la France, je sais que c'est un terrain glissant, mais c'est un fait. J'assume totalement en déclarant que je préfère la fondue française.

Et que pensez-vous du public ici?

M.L.: Ça s'est toujours très bien passé.

D.B.: Ce qui est cool chez vous c'est qu'on s'est fait des potes dans le public...enfin plutôt des copines! Mais bizarrement, je me rappelle moins des mecs que des filles. Et puis vous savez aussi recevoir. A chaque fois qu'on vient, on est super bien accueilli.

D.B.: Ce qui est cool chez vous c'est qu'on s'est fait des potes dans le public...enfin plutôt des copines! Mais bizarrement, je me rappelle moins des mecs que des filles. Et puis vous savez aussi recevoir. A chaque fois qu'on vient, on est super bien accueilli.

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