Tennis: Une page tournée sans aucun regret
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TennisUne page tournée sans aucun regret

Eliminé par Nadal en demi-finale du Masters, Federer peut se concentrer sur 2014.

par
Grégory Beaud
Londres
Le Suisse se réjouit de prendre des vacances, après sa défaite contre Nadal.

Le Suisse se réjouit de prendre des vacances, après sa défaite contre Nadal.

Et si la présence de deux Suisses au Masters avait donné des idées de Coupe Davis à Roger Federer? En Suisse, l'espoir de remporter un Saladier d'argent semble plus fort aujourd'hui, avec la confirmation du talent de Stanislas Wawrinka. «Mais j'ai toujours su qu'il était capable de bien jouer, a tranché le Bâlois. Qu'il était capable de battre les meilleurs.»

Pourtant, malgré cette certitude, la présence de Federer sous les drapeaux a toujours été des plus erratiques. La saison prochaine sera-t-elle celle de la Coupe Davis? Au moment de pointer du doigt ses objectifs, il se veut prudent: «Gagner 5 titres. De nouveau sortir d'un tournoi avec le sourire.»

Par le passé, pour justifier son absence, le Bâlois affirmait son envie de bien figurer au classement ATP. Hier, il a placé la focale ailleurs: «Ce serait bien de rester dans le top 4 ou 8, pour être protégé dans les tournois. Mais en ce qui concerne la hiérarchie, c'est No 1 ou rien.» De quoi ouvrir une porte sur le 1er tour de la Coupe en Serbie, en février? «Je n'ai pas dit ça, a-t-il désamorcé. Je dois fixer mes buts et bien jouer.» Il l'a promis, sa décision devrait vite tomber. Dans les deux semaines.

En attendant, Swiss Tennis peut nourrir l'espoir d'aligner une équipe de Coupe Davis compétitive. Depuis 2002, seules trois nations ont présenté deux joueurs au Masters: l'Espagne (2002 et 2007), les Etats-Unis (2003) et l'Argentine (2005). L'année qui a suivi, ces pays ont à chaque fois atteint la finale de la Coupe. Au minimum. L'Espagne s'était imposée en 2008.

Bookmakers délaissés. L’absence d’Andy Murray au Masters n’a pas de conséquence que sur l’intérêt médiatique de la compétition, outre-Manche. Les bookmakers ont été boudés par les parieurs. «C’était de la folie lors du dernier Wimbledon. Avec la victoire de Murray, nous étions pris d’assaut», relate un tenancier de Covent Garden. Que les inquiets se rassurent. Avec le football et les courses en tous genres, le business reste fructueux dans la «City». «Avec Murray, il y aurait eu plein de nouveaux clients. Là, ce ne sont que les habituels joueurs qui viennent», peste tout de même le gérant ­insatisfait. –gyb

Retraite ? Quelle retraite ?

Pour ceux qui pensaient que le Suisse, 32 ans depuis août, allait commencer à évoquer le bout de la piste après une saison en enfer devront patienter: Federer ne compte pas en rester là. Ses jumelles ont beau avoir bientôt l'âge d'entrer à l'école, lui planche déjà sur le design de ses tenues pour l'US Open... 2015 et témoigne toujours de la même passion pour le jeu.

"Je pourrais faire plein d'autres choses dans ma vie que jouer au tennis. Mais tant que j'ai la possibilité d'être compétitif, je choisis de jouer car c'est inscrit dans mon ADN", a-t-il martelé dimanche.

Je ne peux pas gagner contre les meilleurs si je me fais breaker une ou deux fois par set", dit-il. Mais il est persuadé que si son corps le laisse tranquille et qu'il retrouve "la sérénité", il pourra de nouveau jouer les premiers rôles.

"Je me réjouis de pouvoir me préparer pendant quatre semaines, de me concentrer sur la tactique, le jeu de jambes, la force physique. C'est quelque chose que je n'ai pas pu faire pendant tous ces mois."

Dans ces conditions, il n'exclut pas du tout de remporter un 18e titre du Grand Chelem et de continuer à écrire sa légende. "Tout ce que je veux, dit-il, c'est de retrouver l'émotion de gagner des tournois, de rivaliser avec les meilleurs et surtout les battre."

Une année «intéressante»

Roger Federer affirmait néanmoins que cette saison avait été «intéressante» sur certains aspects. «Ce n'est jamais drôle d'être blessé. Mais cela m'a obligé à me poser de nombreuses questions concernant la manière de m'entraîner et la gestion de mon calendrier. Le fait d'avoir dû gérer toutes ces difficultés a constitué une nouvelle expérience intéressante. Mais j'accepte de vivre une année comme celle-là, pas plus», précisait-il.

«J'ai également été critiqué pour mon niveau de jeu, alors que j'ai toujours fait de mon mieux. C'était également intéressant de devoir gérer ces critiques, de voir qui les émettait et à quel moment», expliquait Roger Federer, qui n'exclut pas d'engager un nouveau coach à temps complet au cas où Severin Lüthi n'est pas en mesure de passer suffisamment de temps à ses côtés.

Il parlait tout de même d'ores et déjà d'objectifs précis pour 2014. «J'espère gagner des titres, cinq par exemple. Je veux aussi briller dans les tournois majeurs», lâchait-il. «En revanche, mon classement n'a que peu d'importance étant donné que je ne peux pas viser le 1er rang mondial. Je veux juste rester dans les quatre ou les huit meilleurs afin de figurer parmi les principales têtes de série.

Réalisme. Si Federer s’est créé trois balles de break à 3-2, c’est Nadal qui lui a volé le service à 4-4, dès sa première occasion. Malgré un retour à 5-5, le Bâlois a encore laissé filer sa mise en jeu dans la foulée. L’Espagnol a profité de cette aubaine pour conclure sur sa première balle de set. Scénario du même tonneau dans la 2e manche avec un break de Nadal dès une ­baisse de régime de Federer, à 2-2. Le Majorquin a ensuite terminé sur un nouveau service chipé au Rhénan. Quatre balles de break, 4 réussites. Le réa­lisme était espagnol...

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