Actualisé 29.04.2019 à 06:10

LausanneUne panne la rend prisonnière de chez elle

A cause d'un acte de vandalisme, une femme en chaise roulante n'a pas pu sortir de chez elle depuis deux semaines. Difficile de trouver une solution et quelqu'un pour payer.

von
Pauline Rumpf
Selime Shela peut aller sur le seuil de son appartement, mais pas plus loin. Deux étages la séparent du sol, et son ascenseur est hors service depuis deux semaines.

Selime Shela peut aller sur le seuil de son appartement, mais pas plus loin. Deux étages la séparent du sol, et son ascenseur est hors service depuis deux semaines.

rmf

«Je pète les plombs, je fais des cauchemars et des angoisses. Je me sens prisonnière, c'est dur!» Selime Shala est bloquée chez elle, dans son deux pièces à Malley (VD), depuis plus de deux semaines. Atteinte d'une sclérose en plaques, elle est en chaise roulante et ne peut donc pas franchir les escaliers qui relient le monde extérieur à son appartement situé au deuxième étage. Or, depuis qu'un acte de vandalisme a détruit l'ascenseur de son immeuble, elle ne peut plus sortir du tout.

Selime Shala a dû annuler plusieurs rendez-vous médicaux, demander à sa femme de ménage de faire ses commissions et n'a pas pu profiter du soleil printanier comme tous ceux qu'elle voyait se promener depuis son balcon, dont la rambarde est trop haute pour qu'elle voie le sol. «C'était horrible à Pâques, tout le monde était dehors, j'avais tellement envie de sortir. Je deviens folle! Et sans ma thérapie en piscine, je sens que la maladie se renforce, je suis épuisée.»

Nombreuses démarches entreprises

Elle ne sait plus vers qui se tourner. Au lendemain de l'incident, un technicien a indiqué à la locataire que la réparation prendrait environ une semaine, car une pièce devait être commandée, et que des jours fériés arrivaient. De nombreuses démarches ont déjà été entreprises pour accélérer le processus et chercher des solutions.

Mais depuis deux semaines, la situation a à peine commencé à évoluer. Ont été sollicités la gérance, la société d'ascenseurs, la police, les pompiers ainsi que plusieurs services médicaux. Le délai a encore été repoussé jusqu'au 10 juin car l'engin est complètement détruit et des pièces manquent encore. La gérance est formelle: «On ne peut pas aller plus vite, on fait notre maximum et les techniciens aussi. Si la pièce n'existe pas encore, on ne peut pas l'inventer.»

Système auxiliaire provisoire

Sollicitée par la Société suisse de sclérose en plaques (SEP), qui accompagne la patiente, la régie a toutefois accepté de faire un geste vendredi, en proposant de payer la location d'un système permettant à Selime Shala de franchir les deux étages qui la séparent de la rue. Une suspension de loyer est également en discussion. La gérance précise toutefois qu'elle fait cela à titre tout à fait exceptionnel et ne reconnaît pas de responsabilité dans cette affaire.

Qui est responsable?

Pour Selime Shala, la question de qui doit payer est au premier plan. La gérance considère son geste comme exceptionnel, et estime qu'elle n'a pas d'obligation dans ce cadre-là. L'Association des locataires, elle, contredit ce point de vue. «Si la personne a pris cet appartement en raison de l'ascenseur car elle avait déjà des problèmes de mobilité, et que la gérance le sait, alors elle est tenue de respecter son contrat, qui contient le service d'ascenseur», explique Carlo Sommaruga, président de l'Asloca Suisse. L'avocat se réjouit tout de même que la gérance ait décidé de payer un moyen auxiliaire, tout en ajoutant qu'elle ne doit pas le considérer comme un cadeau.

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