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Football - Coupe du mondeUne passion à Moscou: prendre le métro

Il y a 245 stations de métro dans la capitale russe. Toutes sont plus belles les unes que les autres. Immersion dans le quotidien des Moscovites.

par
Robin Carrel
Moscou
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La station Kievskaya.

La station Kievskaya.

Keystone/Alessandro Della Bella
L'accès aux quais de Kievskaya.

L'accès aux quais de Kievskaya.

Keystone/Alessandro Della Bella
La station Mayakovskaya.

La station Mayakovskaya.

Keystone/Thomas Hodel

C'est presque un marronnier, quand on décrit le quotidien de cette cité. Mais qui a mis les pieds dans «la Troisième Rome» me l'accordera. Les 13 lignes et les 418,9 kilomètres du tracé du métro de la ville sont poinçonnées de stations généralement belles, souvent très belles, quelques fois époustouflantes. On en a arpenté quelques-unes rien que pour vous.

Petit conseil avant de vous y engouffrer, ayez un plan ou quelques notions de cyrillique! Ce moyen de transport inauguré en 1935 a encore quelques rames ou anciennes stations où pas grand-chose n'a été anglicisé. Et si vous voyez un guichet avec inscrit «We speak english» au-dessus, il est largement permis d'en douter. Au pire, vous vous en sortirez toujours, le Moscovite est bien placé pour connaître vos tourments et vous aidera presque volontiers.

Les premiers métros se mettent en branle à 5h25 et les derniers circulent à 1 heure du matin. Pour pouvoir vous faire visiter les plus belles, autant y aller de bon matin, même si les heures de pointe peuvent s'avérer pénibles pour user de ce moyen de transport. Pour celles que l'on n'a pas réussi à atteindre, les agences de presse en ont un joli stock, ce qui permet également d'avoir quelques clichés de meilleure qualité...

Dans le diaporama ci-dessus, vous trouvez donc des images des stations de Komsomolskaya, Novoslobodskaya, Kievskaya, Mayakovskaya, Taganskaya, Arbatskaya, Smolenskaya et Novokuznestkaya. Elles sont toutes situées plus ou moins dans le centre de Moscou. Pour les visiter toutes, il a fallu environ trois heures, mais croyez-moi, ça vaut bien les heures d'attente pour aller voir la Joconde au Louvre!

Pour un voyage avec ce moyen de transport magique, comptez un peu moins d'un franc suisse. C'est tout de même pas mal, vu le niveau de vie moyen en Russie (environ 1000 francs par mois), mais il est impossible de faire plus rapide, dans une ville souvent noyée sous le trafic. En prime, vous y avez majoritairement du réseau de téléphone tout le long, du wi-fi gratuit dans chaque rame et, comble du bonheur, la possibilité d'y suivre les matches de la Coupe du monde en direct!

Ce métro, construit une trentaine d'années après ceux de Paris ou New York, par exemple, était une manière de montrer la puissance du pouvoir soviétique de l'époque et est resté une fierté locale. Les stations étaient appelées les «Palais du Peuple» et Joseph Staline avait ordonné aux meilleurs artistes socialistes de l'époque de les transformer en véritables oeuvres d'art. Selon la version consacrée, les meilleurs matériaux avaient été utilisés par des milliers de travailleurs et autres bénévoles...

En Russie, l'histoire est vraiment à chaque coin de rue. Impossible d'échapper aux nombreuses statues à la gloire des anciens dirigeants ou des soldats tombés au combat pour libérer le monde du fascisme lors de la IIe Guerre mondiale. On dit toujours que ce sont les vainqueurs qui écrivent l'histoire et celle-ci a été figée à jamais dans les rues russes, comme dans le métro de Moscou.

Des chiffres vertigineux

Chaque jour, c'est la bagatelle de 6,99 millions de personnes qui arpentent le métro de Moscou. Oui, presque autant que la Suisse entière... Le plus gros trafic jamais enregistré est de 9,715 millions de personnes en 24 heures, le 26 décembre 2016. Les stations sont en moyenne éloignées de 1,7 kilomètres les unes des autres et les rames naviguent à 42 km/h, toujours en moyenne.

Aux heures de pointe, il est possible d'y voir un métro passer toutes les minutes. La station enterrée la plus profondément est celle du Park Pobedy, à 84 mètres sous terre (ce qui équivaut à un immeuble d'une trentaine d'étages!). Certaines stations, au centre-ville, avaient été conçues pour servir d'abri anti-bombardement, d'où leur profondeur inhabituelle.

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