Actualisé 30.05.2012 à 17:50

Procès Ségalat Une personnalité normale qui rationalise

Le Tribunal de La Côte a accueilli, pour le cinquième jour, le procès Ségalat. Tous les intervenants ont été entendus. Les réquisitoires et plaidoiries débuteront jeudi à 13h30 et se prolongeront vendredi.

Les experts psychiatres ont pris la parole mercredi au cinquième jour du procès de Laurent Ségalat. Ils ont décrit un homme normal sans maladie mentale avec une forte tendance à tout rationaliser. Sa forte émotivité a aussi été mise en avant.

Accusé du meurtre de sa belle-mère le 9 janvier 2010 à Vaux-sur- Morges (VD), Laurent Ségalat ne souffre «d'aucune maladie psychique, d'aucun trouble de la personnalité» a affirmé devant le tribunal le professeur français Daniel Zagury. Mandaté par la défense, il s'est dit à 95% d'accord avec l'expert officiel de la justice qui a examiné en premier l'accusé.

Etat-limite

Ce dernier avait parlé auparavant d'état-limite pour Laurent Ségalat en s'empressant de préciser que c'était un cas «fréquent» et qu'un tiers de la population pouvait être caractérisé de la sorte. Il y a «un grand curseur» qui peut être déplacé pour les états- limites, en allant des cas non cliniques jusqu'à ceux qui sont clairement pathologiques.

Pour l'expert de la justice, aucun des rapports sur Laurent Ségalat «permet d'expliquer un acte violent». Après avoir parlé de pathologie narcissique, le psychiatre a tenu à nuancer son propos et à mentionner plutôt des «traits narcissiques», soit une caractéristique commune à beaucoup de gens.

Enfance difficile

Plus disert, l'expert français a parlé de l'enfance difficile de Laurent Ségalat avec «une mère dépressive et geignarde», du sentiment qu'il a eu d'être «un gosse de vieux», «complexé et peu sûr de lui». L'accusé aurait «compensé» ces failles par une hyperactivité, avec des résultats brillants grâce à son intelligence supérieure.

Daniel Zagury a souligné la très grande émotivité du généticien français de 48 ans, mentionnant au passage sa phobie du sang et de l'orage, qui le pousse «à mettre la tête sous l'oreiller». Chez Laurent Ségalat, «tout passe par le fil de la rationalité».

Pour le passage à l'acte violent, il faudrait «des circonstances exceptionnelles» et «pas une simple querelle», a affirmé Daniel Zagury. En partant de l'hypothèse d'un Laurent Ségalat matricide, l'expert a indiqué qu'il n'en a jamais vu un semblable, avec un tel profil, dans sa carrière comme dans les cas qu'il a pu étudier.

Verdict vendredi en fin de journée

Le procès reprendra jeudi en milieu de journée avec le réquisitoire du procureur du canton de Vaud Eric Cottier. Il s'achèvera vendredi matin. Le verdict sera annoncé le jour même en fin d'après-midi, a annoncé le président du tribunal Jean-Pierre Lador.

(ats)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!