Coronavirus: Une personne sur cinq déprime à cause du confinement
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CoronavirusUne personne sur cinq déprime à cause du confinement

Selon une étude de l’Université de Bâle, 20% des personnes interrogées ont développé des symptômes de dépression pendant la période de confinement. Beaucoup d’entre elles n’avaient pas de problèmes psychiques avant la crise.

par
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Keystone

Durant près de sept semaines, la population a été priée de rester chez elle afin de limiter la propagation du coronavirus. Cette situation d’urgence a pesé sur le moral de nombreuses personnes. C’est ce que révèle une récente étude de l’Université de Bâle, réalisée auprès de 10’000 personnes en Suisse. Et les résultats sont alarmants: la fréquence des symptômes dépressifs a triplé pendant la période du confinement.

20% des sondés présentant de graves symptômes dépressifs n’en avaient pas ou très peu avant la crise. Chez 80%, la symptomatologie pré-existante s’est empirée à cause de la crise du coronavirus, rapporte l’«Aargauer Zeitung». Dominique de Quervain, expert en neurosciences et auteur de l’étude, affirme: «Les symptômes peuvent disparaître aussi rapidement qu’ils sont apparus ou alors devenir chroniques. Voilà pourquoi il est important de sensibiliser les gens à cette thématique afin que les personnes concernées aillent chercher de l’aide.»

«Elles nettoient tout compulsivement»

Interrogée par le journal, la fondation Pro Mente Sana, qui dispense gratuitement des conseils par téléphone ou par courriel sur toute question portant sur la santé mentale, confirme avoir enregistré une hausse des demandes. Son directeur Roger Staub précise: «Près de la moitié des appels proviennent de personnes qui n’avaient jamais présenté auparavant des symptômes d’angoisse ou de dépression.» Et d’ajouter: «Certaines personnes n’osent plus sortir de chez elles. Et certaines ont l’impression de tout devoir désinfecter. Elles nettoient tout compulsivement.»

Roger Staub estime par ailleurs que la communication de la Confédération n’a pas toujours été optimale. Le fait de dire «restez à la maison» provoque chez certaines personnes une peur exagérée de l’autre, explique-t-il. Pour finir, Roger Staub pense que les phobies sociales vont augmenter à l’avenir et que les gens sous-estiment encore tout ce que la crise du coronavirus va encore déclencher.

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