Actualisé 07.07.2012 à 20:33

Libye

Une personne tuée pendant les élections

Une fusillade entre forces de l'ordre et protestataires a fait un mort et deux blessés samedi à Ajdabiya (est), en marge des élections législatives.

Les Libyens élisaient samedi leur première Assemblée constituante de l'ère post-Kadhafi. Un scrutin historique entaché par une attaque meurtrière et des opérations de sabotage de militants autonomistes dans l'est du pays.

Huit mois après la fin du conflit armé qui a provoqué la chute, puis la mort de l'ancien dictateur Mouammar Kadhafi, quelque 2,8 millions d'électeurs étaient appelés à choisir les 200 membres du «Congrès national général». Les islamistes espèrent remporter le même succès que leurs voisins tunisiens et égyptiens.

Les bureaux ont commencé à fermer dès 20h00 (heure suisse) à Tripoli et Benghazi (est). Mais le chef de la Commission électorale, Nouri al-Abbar, a précisé que dans les bureaux de vote qui ont été fermés une partie de la journée à l'est du pays, «l'opération électorale se poursuivrait jusqu'à ce que tous les électeurs qui le souhaitant aient pu voter».

Le chef de la Commission a indiqué en fin d'après-midi samedi que 98% des bureaux de vote fonctionnaient normalement, alors qu'il avait annoncé plus tôt dans la journée qu'une centaine de bureaux, sur un total de 1554, soit 94%, n'avaient pu ouvrir leurs portes en raison d'actes de sabotage, notamment à l'est de la Libye.

Le vice-ministre de l'Intérieur Omar al-Khadhraoui a assuré en début de soirée que les autorités maîtrisaient désormais la situation dans cette région. Les résultats préliminaires devraient être annoncés «à partir de lundi ou mardi», selon la Commission.

Une personne tuée

Cette journée de vote a également été marquée par la mort d'un manifestant hostile aux élections. L'homme a été abattu lors d'un échange de tirs samedi à Ajdabiya, dans la province orientale de Cyrénaïque, a indiqué un responsable local de la sécurité qui a également fait état d'un blessé. L'homme tentait de dérober une urne dans un bureau de vote.

Ajdabiya, située à environ 160 km au sud de Benghazi, a été la cible de manifestations d'habitants de Cyrénaïque hostiles aux élections. Ils considèrent le vote comme une imposture et souhaitent plus d'autonomie pour leur région.

Plus tôt dans la journée, des protestataires ont également dérobé des centaines de bulletins dans un bureau de vote de Benghazi et les ont incendiés sur une place du centre de la ville, selon des témoins.

«Ma joie est indescriptible»

Malgré ces tensions, les bureaux de vote ont vu passer un flot d'électeurs à Tripoli comme à Benghazi, ravis de participer au premier scrutin national libre, après plus de quarante ans de règne de Mouammar Kadhafi.

«Ma joie est indescriptible. C'est un jour historique», a déclaré Fawziya Omran, 40 ans, patientant devant une école du centre de la capitale. «Je me sens un citoyen libre», s'est de son côté réjoui un retraité âgé de 80 ans, en chaise roulante.

Certains électeurs sont venus avec leurs drapeaux noir, rouge et vert symbolisant la révolution, et les mosquées diffusaient les «Allah Akbar» (Dieu est le plus grand), tandis que les rues résonnaient aux concerts de klaxons.

La joie était tout aussi palpable à Benghazi, malgré les appels au boycott et au sabotage du scrutin lancés par les partisans de l'autonomie. «J'ai le sentiment que ma vie a été gâchée jusqu'à présent, mais mes enfants auront une vie meilleure. Tout ce dont ils ont besoin, c'est d'une impulsion, et je crois que les nouveaux dirigeants donneront cette impulsion», a déclaré un habitant.

Avec 3702 candidats et plus de 100 partis en lice, les pronostics sont difficiles, mais trois formations sortent du lot: les islamistes du Parti de la justice et de la construction (PJC), issu des Frères musulmans, ceux d'Al-Watan, dirigés par l'ex-chef militaire controversé de Tripoli, Abdelhakim Belhaj, et les libéraux réunis dans une coalition lancée par l'ex-Premier ministre du CNT Mahmoud Jibril. (ats)

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