Une perte colossale pour General Motors
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Une perte colossale pour General Motors

Le groupe General Motors, qui a conservé d'un cheveu son titre de leader mondial de l'automobile l'an dernier, a annoncé mardi un nouveau plan de départs volontaires pour gagner encore en productivité.

En même temps, il a confirmé une perte colossale pour 2007.

Dans deux communiqués séparés, le constructeur américain a annoncé avoir accusé une perte nette de 38,7 milliards de dollars (42,6 milliards de francs) en 2007 et avoir ouvert un guichet de départs volontaires concernant potentiellement 74 000 personnes.

La perte n'est pas une surprise dans la mesure où elle reflète une charge de 38,3 milliards dévoilée au moment des résultats du 3e trimestre. A la demande de l'administration fiscale, GM a en effet dû déprécier dans ses comptes la valeur des reports à nouveaux déficitaires des exercices précédents (considérés comme un actif car diminuant d'autant l'imposition du groupe).

Sur la bonne voie

Commentant ces chiffres, la porte-parole de la Maison Blanche Dana Perino a reconnu que les pertes de GM étaient «significatives», mais que le gouvernement était optimiste parce que le groupe avait entrepris des «réformes de structure qui devrait lui permettre de rester concurrentiel à l'avenir».

Globalement, ces performances sont supérieures aux attentes du marché, notamment en terme de résultat hors exceptionnels et de chiffre d'affaires.

Le nouveau guichet départs fait suite à une première mesure similaire en 2006. Son concurrent américain Ford a fait une annonce identique en janvier, alors que ce dernier lutte comme GM pour repasser dans le vert. Chez Ford, la possibilité de départ anticipé avait été ouverte à 12 000 ouvriers.

Sans préciser quel sera l'impact financier de ce plan, GM a assuré être en mesure de dégager des économies supplémentaires de 4 à 5 milliards de dollars d'ici 2010, après avoir déjà réalisé 9 milliards d'économies en 2005-2007.

Les conditions financières proposées sont similaires à celles du plan de 2006. Près de 113 000 des plus anciens ouvriers payés à l'heure - qui sont affiliés au syndicat de l'automobile UAW - étaient alors éligibles et cette option avait été acceptée par plus de 30.000 d'entre eux. GM avait ainsi pu réduire d'environ 35% ses effectifs d'ouvriers payés à l'heure aux Etats-Unis.

Main-d'oeuvre moins chère

Les ouvriers syndiqués à l'UAW bénéficient de conditions salariales et sociales avantageuses. Ils seront remplacés par des ouvriers bien moins coûteux: 75 dollars environ de rémunération et prestations pour les plus anciens ouvriers horaires contre environ 25 dollars pour les nouveaux.

Pour GM, l'objectif est de rattraper les ratios de productivité des constructeurs asiatiques implantés aux Etats-Unis, comme Toyota ou Honda. GM vise ainsi un ratio de coûts fixes rapportés au chiffre d'affaires de 25% d'ici 2010 et même de 23% au-delà, contre encore 35% en 2005 et 29,7% en 2007.

Pour l'heure, la région Amérique du Nord n'est pas encore sortie d'affaires, alors que les Etats-Unis sont en plein ralentissement économique.

GM a certes indiqué viser en 2008 une «amélioration» du résultat avant impôt pour l'ensemble de la division automobile, mais surtout du fait du boom des marchés émergents.

La division automobile a dégagé en 2007 un bénéfice avant impôt de 553 millions, malgré une perte de 1,5 milliard en Amérique du Nord.

GM n'a pas livré d'estimations pour le marché américain en 2008, attendu en baisse par les analystes.

«Si les volumes de ventes reviennent à la normale en 2009, avec une hausse d'un million d'unités, cela génèrera un bénéfice avant impôt supplémentaire de 1 à 1,5 milliard de dollars», a indiqué le constructeur.

(ats)

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