Actualisé 04.08.2009 à 14:42

UBS au 2e trimestreUne perte de 1,4 milliard de francs

En proie à une hémorragie de capitaux persistante, l'UBS est restée dans le rouge au deuxième trimestre 2009. La banque a essuyé une perte nette de 1,4 milliard de francs, contre un découvert de 395 millions il y a un an.

»Ce résultat est nettement insatisfaisant, mais nous sommes en voie de stabilisation financière», a déclaré mardi à Zurich le directeur général de la banque aux trois clés Oswald Grübel. «Un retour au bénéfice prendra du temps.»

La performance s'inscrit dans la fourchette des prévisions des analystes. Elle est plombée par des pertes sur propre crédit de 1,21 milliard de francs, des charges de restructuration de 582 millions et une correction de la valeur du goodwill (actifs immatériels) de 492 millions suite à la cession d'UBS Pactual (activités au Brésil).

Hors coûts extraordinaires, l'UBS affiche un gain avant impôts de 971 millions de francs. Sur l'entier du premier semestre, la banque accuse une perte nette de 3,38 milliards de francs, contre un déficit de 12,01 milliards au cours des six premiers mois de 2008.

Avec un ratio BRI de catégorie 1 de 13,2%, la dotation en fonds propres est suffisante. «La banque n'a pas besoin d'une nouvelle augmentation de capital», a dit Oswald Grübel. «Nous nous sommes recapitalisés et disposons plus que jamais de liquidités.» La banque avait levé fin juin 3,8 milliards de francs supplémentaires, puisés dans son capital autorisé.

Sorties massives

L'UBS affronte toujours une importante défiance. Rien qu'entre avril et juin, les sorties nettes de capitaux se sont élevées à 39,4 milliards de francs. Des retraits d'avoirs qui vont se poursuivre les prochains trimestres, prévoit Oswald Grübel. La banque relève cependant une reprise de l'activité dans la gestion de fortune.

Les sorties d'argent frais se sont montées à 16,5 milliards de francs (mais seulement 200 millions pour les clients helvétiques) pour la division gestion de fortune et banque en Suisse. Elles ont atteint 5,8 milliards pour la gestion de fortune en Amérique et 17,1 milliards pour la gestion institutionnelle.

Au premier trimestre, 14,9 milliards de francs avaient déjà fui l'établissement. Au-delà, l'UBS bénéficie d'une plus grande stabilité financière, notamment au regard de la réduction «sensible» des positions à risque héritées de la crise du subprime aux Etats- Unis et des pertes associées.

Les résultats n'ont guère réjoui les investisseurs. Vers 14h30, le titre UBS chutait de 5,6 à 15,10 francs, dans un marché en recul de 0,95%, malgré une hausse en début de séance à 16,46 francs.

Suppression de 4800 postes

L'UBS s'estime en bonne voie pour réduire ses coûts fixes en fonction de l'objectif de 3,5 à 4 milliards de francs arrêté pour 2010. L'effectif a déjà diminué de 4400 personnes au 30 juin dernier à 71 806 collaborateurs.

Afin d'atteindre le but fixé mi-avril de 67 000 postes, 4800 emplois doivent encore être biffés. A fin juin, l'UBS comptait 25 343 salariés temps plein en Suisse, soit 546 de moins que trois mois plus tôt.

Les mesures d'économie commencent à porter leurs fruits et devraient déployer leurs effets vers la fin de l'année. Le chef des finances John Cryan entrevoit des «signes très encourageants», au vu d'un résultat net, hors éléments exceptionnels, positif.

Motus sur l'accord

Le principal souci réside toujours dans la banque d'investissement, celle-ci ayant inscrit une perte de 1,85 milliard de francs entre avril et juin, contre 3,16 milliards au premier trimestre. Les activités de gestion de fortune et de banque en Suisse ont dégagé un bénéfice (avant impôts) en baisse à 932 millions, après 1,07 milliard.

La gestion de fortune en Amérique a subi une perte creusée à 221 millions de francs, contre -35 millions. La gestion d'actifs a renoué avec les chiffres noirs, en générant un bénéfice de 82 millions, après un déficit de 59 millions.

Concernant l'accord extrajudiciaire en passe d'être conclu aux Etats-Unis pour régler le dossier d'incitation à la fraude fiscale en faveur de clients américains, Oswald Grübel a seulement relevé que la banque s'était engagée à «soutenir le processus». Les détails sont attendus ces prochains jours.

(ats)

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