Actualisé 06.08.2008 à 15:29

«Une petite erreur» a permis de localiser Karadzic

L'ancien chef politique des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic, était assisté dans sa cavale par un «cercle étroit» de personnes et «une petite erreur» a permis de le localiser.

Le ministre serbe de la Défense, Dragan Sutanovac, a appelé pour sa part les deux derniers fugitifs dont la justice internationale réclame l'arrestation, le général Ratko Mladic, chef militaire des Serbes de Bosnie, et Goran Hadzic, un ancien dirigeant des Serbes de Croatie, à se rendre, dans une interview diffusée mercredi par le quotidien Blic.Radovan Karadzic se faisait aider dans la clandestinité par un «réseau restreint et pas encombrant d'aides, un cercle étroit de personnes», a indiqué Rasim Ljajic, membre du gouvernement serbe mais aussi président du Conseil national en charge de la coopération avec le Tribunal pénal international (TPI) pour l'ex-Yougoslavie.«Une petite erreur a été suffisante pour le localiser», a ajouté le responsable serbe, sans vouloir en dire davantage, si ce n'est que pour confirmer que l'arrestation de Radovan Karadzic avait été menée par les services secrets serbes.«Il est trop tôt pour dire si les gens qui connaissaient l'endroit (où se cachait Radovan Karadzic) font partie aussi du réseau d'aide» du général Ratko Mladic, a poursuivi Rasim Ljajic.«Nous sommes en train de procéder à une analyse détaillée et à la reconstitution des déplacements de Karadzic. Nous avons déjà appris beaucoup», a-t-il dit.Les autorités serbes ont annoncé le 21 juillet l'arrestation à Belgrade de Radovan Karadzic, inculpé par le TPI depuis 1995.Le général Mladic, également inculpé par le Tribunal, figure maintenant en première ligne dans les recherches des autorités serbes.«Plusieurs actions secrètes, dont nous n'avons pas informé le public» ont déjà été conduites pour tenter de retrouver le militaire, a déclaré M. Ljajic.«Je pense que c'est mieux ainsi», a-t-il dit.Rasim Ljajic a déploré la «pression» de la communauté internationale sur les autorités serbes, se déclarant dans l'impossibilité de savoir si le général Mladic était en Serbie ou pas.«La communauté internationale commet une terrible erreur en faisant pression sur nous, affirmant que tous les inculpés sont en Serbie», a souligné le responsable serbe.«Je ne peux accepter ce raisonnement selon lequel il est logique que Mladic se trouve en Serbie dans la mesure où Karadzic s'y trouvait», a-t-il relevé.«Nous n'affirmons pas qu'il ne s'y trouve pas. Mais pour avancer une telle affirmation, vous vous devez de disposer de certains éléments conduisant à sa cache. Le reste est spéculation», a conclu Rasim Ljajic.«J'aimerais que Mladic se rende le plus vite possible, a déclaré pour sa part le ministre serbe de la Défense au quotidien Blic. J'ai lancé cet appel à plusieurs reprises et je le fais aujourd'hui encore pour qu'il se rende, ainsi que Goran Hadzic».L'Union européenne (UE) considère que la Serbie prouvera sa «totale coopération» avec le TPI si elle s'empare de ces deux fugitifs et leur arrestation permettra de dégager les perspectives européennes pour Belgrade.pg/bmk

Radovan Karadzic veut que Holbrooke témoigne

«Afin de pouvoir assurer que ce procès est légalement défendable, je propose que (...) vous ordonniez que Richard Holbrooke comparaisse devant vous et déclare sous serment s'il y avait ou non un (tel) accord», écrit M. Karadzic dans une requête aux juges du Tribunal pénal international (TPI) pour l'ex-Yougoslavie.

Il demande aussi que d'autres personnalités pouvant témoigner de cet accord présumé, comme l'ancienne secrétaire d'Etat américaine Madeleine Albright, l'ancien diplomate William Stuebner et le procureur du TPI lors de la signature des accords de Dayton (novembre 1995), Richard Goldstone, soient appelés à la barre.

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