Actualisé 02.01.2019 à 21:07

GenèveUne pétition veut limiter les feux d'artifice

Le texte demande que seul le spectacle pyrotechnique des Fêtes de Genève subsiste afin de protéger les animaux des nuisances.

de
Maria Pineiro
Seul subsisterait le grand feu des Fêtes de Genève

Seul subsisterait le grand feu des Fêtes de Genève

Keystone/Patrick Aviolat

«Lors des feux d'artifice, ma chienne panique et tremble de partout, témoigne Manuel Alonso Unica, président du Mouvement de défense des propriétaires de chiens de Genève (MDPCDG). Si je ne la tiens pas en laisse, il y a le risque qu'elle parte affolée et qu'elle ait un accident.» C'est fort de ces expériences et de témoignages similaires recueillis auprès d'autres maîtres, qu'il a lancé, peu après Noël, une pétition sur internet pour «Protéger les animaux et la flore, en limitant les feux d'artifices à Genève».

Sa demande vise en effet également à préserver la santé de la faune sauvage. Selon lui, le lendemain de ces manifestations, des cadavres de poissons flottant sont retrouvés par les pêcheurs et les oiseaux sont «morts de trouille». Ce qui choque le plus cet élu hors parti en Ville de Genève, c'est la multiplication des événements privés. «La population n'en est pas informée et il n'est donc pas possible de se préparer», déplore Manuel Alonso Unica.

Des feux sans bruit

Si la pétition devait être suivie, seul pourrait subsister le grand feu des Fêtes de Genève. «C'est le plus long et celui qui réunit le plus de monde. Une fois par année, cela suffit», souligne-t-il. Le président du MDPCDG indique qu'il faut également «étudier la possibilité d'utiliser des fusées moins bruyantes».

Gottlieb Dandliker, inspecteur cantonal de la faune, nuance. «J'ai étudié la question des conséquences des feux des Fêtes de Genève sur les oiseaux il y a une dizaine d'années. Il y a un stress sur le moment, mais on ne mesure pas d'impact durable», précise-t-il. D'après lui, il n'y a «pas d'arguments suffisants justifiant de restreindre cette activité».

Manque de données

Président-fondateur du Centre ornithologique de réadaptation, Patrick Jacot estime lui aussi qu'il y a une incidence due au bruit et à la lumière, particulièrement en hiver. Le président pointe le risque de problèmes cardiaques et d'accidents pour les oiseaux effrayés par les pétards. «Mais faute d'étude locale, nous ne sommes pas en mesure de la chiffrer», détaille-t-il.

En une semaine, le texte a recueilli quelque 700 soutiens. «J'espère en obtenir 2000 en deux mois», confie Manuel Alonso Unica. Puis les paraphes, accompagnés de signatures manuscrites, seront déposés au Grand Conseil et au Conseil municipal de la Ville de Genève.

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