Berne : Une pétition veut punir les parents adeptes de la gifle
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Berne Une pétition veut punir les parents adeptes de la gifle

Plus de 40% des jeunes Suisses auraient déjà reçu une claque. Une association veut mettre fin à cette pratique.

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roy/dgl
20% des parents helvétiques estiment que donner une gifle nest pas un châtiment corporel.

20% des parents helvétiques estiment que donner une gifle nest pas un châtiment corporel.

Keystone

La Suisse est-elle trop complaisante vis-à-vis des parents à la main lourde? L'association nouvellement créée «Non à la violence à l'encontre des enfants» le pense. Elle a décidé de lancer le 20 novembre une pétition nationale contre tous les châtiments faits aux enfants. La date choisie correspond à la Journée internationale des droits de l'enfance.

Selon une étude de l'Université de Fribourg citée par la «Sonntags­Zeitung», 20% des parents helvétiques estiment que donner une gifle n'est pas un châtiment corporel. Et 12% avouent qu'ils sont d'accord pour aller encore plus loin dans la correction. Par ailleurs, selon une autre étude, menée par la Haute Ecole en sciences appliquées de Zurich auprès de 4500 adolescents, 42% ont subi des gifles dans leur enfance. Et 20% des sanctions corporelles plus lourdes.

Le National refuse d'adopter une loi

Les organisations de protection de l'enfance, dont Terre des hommes à Lausanne, partenaire de la pétition, souhaitent que «le droit des enfants à une éducation non violente» et «l'interdiction explicite des châtiments corporels et de la violence psychologique envers les enfants» soient ancrés dans le Code civil suisse. «Gifler et battre ses propres enfants est paradoxalement accepté, contrairement à la claque entre adultes», dénonce Andreas Brunner, ancien procureur général du canton de Zurich, interrogé par le journal alémanique.

Les pétitionnaires déplorent le refus du Conseil national d'adopter, en mai dernier, une loi interdisant les châtiments corporels. Le Parlement avait déjà fait subir le même sort en 2015 à une pétition d'écoliers bernois.

53 pays antigifles

L'Allemagne, l'Autriche, le Liechtenstein, la Suède, le Danemark et le Togo qualifient la gifle de châtiment corporel. En tout, 53 pays l'interdisent en toutes circonstances, sans marge d'appréciation pour les juges. Le comité de l'ONU sur les droits de l'enfance a déploré en 2015 l'absence de disposition pénale dans la législation suisse. L'année suivante, la France a également été tancée pour des raisons similaires: les sénateurs Les Républicains avaient empêché l'interdiction des fessées dans un texte contre les violences corporelles.

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