Clichés: Une poupée au masculin

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ClichésUne poupée au masculin

Une grande enseigne française innove en lançant un catalogue de Noël antisexisme. En Suisse, les positions des détaillants sont contrastées.

par
Catherine Muller/ cgo
Aujourd'hui, rares sont les vendeurs de jouets qui véhiculent une image progressiste dans leurs publicités.

Aujourd'hui, rares sont les vendeurs de jouets qui véhiculent une image progressiste dans leurs publicités.

De petits garçons qui jouent à la dînette ou à la poupée, et des fillettes qui s'attellent à un jeu de construction? Dans leur prospectus de Noël, les Supermarchés U bousculent certains clichés traditionnels. Une démarche inédite en France, qu'ils ont justifiée dans le «Huffington Post» par des remarques appuyées de clients déplorant les stéréotypes de genre.

En Suisse, Manor qualifie l'initiative «d'originale». «Il s'agit d'une évolution de la société que, nous aussi, prenons de plus en plus en considération», explique le groupe. Son catalogue 2012 est d'ailleurs présenté par thématiques: «Il y a quelques années encore, la différence entre jouets pour filles et garçons était beaucoup plus marquée.»

Chez Franz Carl Weber, on ne prend pas le chemin d'appliquer cette stratégie. «Dans notre prospectus, les garçonnets posent avec des camions et les filles avec des poupées, car cela correspond à ce que veut la majorité. Mais avec ce concept, comme pour toute autre stratégie, il y aura toujours des gens qui adhéreront et d'autres qui critiqueront.» Grande enseigne du jouet, Toys R Us trouve l'idée intéressante, même si elle pense qu'il existe un risque d'impact négatif sur les ventes. «Les choses sont ainsi faites: la plupart des filles aiment le rose et les garçons les petites voitures», précise le groupe.

Et qu'en pensent les bureaux de l'égalité? «C'est une initiative extrêmement positive, se réjouit la cheffe du bureau vaudois, Magaly Hanselmann. La différenciation des genres se faisant très tôt, il est difficile ensuite de changer. D'où, notamment, une influence réelle sur les choix professionnels.» Le but n'est toutefois pas de tomber dans l'extrême inverse: «L'important est d'ouvrir les perspectives, que les jeunes puissent prendre de la distance avec les stéréotypes et faire leurs propres choix en fonction de leur personnalité et de leurs envies.»

13 francs de plus qu'en 2011

271 francs, telle est la somme moyenne que les Suisses ont prévu de dépenser afin de faire plaisir à leurs proches à Noël, soit 13 francs ou 5% de plus que l’an dernier. Les livres sont le premier choix de cadeaux (54%), devant l’argent en liquide et les bons d’achat (53%), puis les vêtements (46%).

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