Crise de l'endettement: Une première aide immédiate est demandée
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Crise de l'endettementUne première aide immédiate est demandée

La Grèce a appelé mardi au versement immédiat de 20 milliards d'euros, première tranche du plan de sauvetage de l'Union européenne et du FMI.

La Grèce demande un premier versement de 20 milliards d'euros, soit quelque 30 millions de francs.

La Grèce demande un premier versement de 20 milliards d'euros, soit quelque 30 millions de francs.

Quant au volet allemand du plan européen de stabilisation, il a été approuvé lors d'un conseil des ministres extraordinaire à Berlin.

Le ministère des Finances grec a envoyé dans la journée une lettre stipulant sa requête à la Commission européenne, à la Banque centrale européenne et au Fonds monétaire international. Au total, le plan d'aide adopté définitivement vendredi est de 110 milliards d'euros sur trois ans.

Le FMI apportera mercredi une première aide de 5,5 milliards d'euros à la Grèce, a précisé plus tard dans la journée à l'AFP le ministère grec des Finances. Quant à l'Union européenne, elle versera 14,5 milliards «en début de semaine prochaine».

Une bouffée d'air pour la Grèce, qui avait reconnu fin avril ne pas être en mesure de rembourser, le 19 mai, les 9 milliards de dette arrivant à échéance, du fait de l'envolée des taux du marché. En échange du plan de sauvetage, le pays méditerranéen s'est engagé à mettre en oeuvre une sévère cure d'austérité pour réduire son déficit public, qui frôlait 14% du PIB en 2009.

La Grèce fait figure de laboratoire pour les autres pays européens auxquels la Commission européenne demande de réduire des déficits élevés qui mettent en doute la solidité de la zone euro. Conscients d'une situation encore loin d'être stabilisée, les ministres européens des Finances ont déjà affirmé que l'Espagne et le Portugal annonceraient cette semaine de nouveaux plans d'économies.

Renforcer la gouvernance économique

Les mesures envisagées par ces pays seront examinées le 18 mai par les ministres des Finances de la zone euro, a annoncé mardi le commissaire européen aux Affaires économiques Olli Rehn. M. Rehn a ajouté que d'autres pays, tels que l'Italie et la France, devront également prendre des mesures concrètes pour améliorer la situation de leurs finances.

Mercredi, la Commission européenne va proposer de renforcer la gouvernance économique de l'Union monétaire à travers notamment un meilleur contrôle des budgets nationaux, a ajouté M. Rehn dans une interview au quotidien «Les Echos». Il s'agit tout d'abord de renforcer le Pacte de stabilité européen, qui encadre la surveillance des déficits.

Même son de cloche au FMI: il a estimé dans un rapport que l'endettement public a atteint la cote d'alerte dans la plupart des pays européens, et préconisé de «vigoureux efforts de rééquilibrage» malgré une reprise «modérée et inégale».

L'Organisation de coopération et développement économiques (OCDE) a quant a elle jugé que le plan global de 750 milliards d'euro décidé par l'UE le week-end dernier était «crédible». Ce texte va permettre de «fournir le temps nécessaire pour examiner objectivement» la situation de chaque pays.

«Atermoiements» dénoncés

Le volet allemand de ce plan de stabilisation européen a été approuvé mardi lors d'un conseil des ministres extraordinaire à Berlin. La participation du pays se monte sur trois ans à quelque 123 milliards d'euros en termes de montant des prêts qui seront garantis.

De source autorisée au gouvernement, on précise que ce montant pourrait être dépassé de 20% sous certaines conditions et avec l'approbation de la commission du Budget du Bundestag, la chambre basse du parlement. La chancelière Angela Merkel avait été critiquée pour avoir tardé à donner son accord au plan de sauvetage pour la Grèce.

Faisant référence entre autres à l'hostilité de Mme Merkel, le Premier ministre français a d'ailleurs dénoncé mardi les «atermoiements» qui ont présidé à la mise en oeuvre du plan d'aide européen à la Grèce. François Fillon a estimé qu'ils avaient aggravé les attaques des marchés à l'encontre de l'euro.

Les grands argentiers de la planète, dont le patron du FMI, Dominique Strauss-Kahn, celui de la BCE - intervenue de façon inédite pour fournir de l'argent aux pays en difficulté - Jean-Claude Trichet ou encore le financier George Soros, se retrouvaient eux à Zurich. Ils devaient y parler des crises en cours.

(ats/afp)

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