Actualisé 02.03.2016 à 20:38

Etats-UnisUne présidence Trump pourrait nuire à la Suisse

Le «Super Tuesday» a entrouvert la possibilité pour le candidat d'accéder à la Maison Blanche. Une mauvaise nouvelle pour la Suisse, selon des experts.

Donald Trump pourrait provoquer de nouveaux conflits, selon des experts.

Donald Trump pourrait provoquer de nouveaux conflits, selon des experts.

photo: Keystone

Difficile aujourd'hui d'imaginer à quoi ressemblera le style du milliardaire américain en diplomatie et sur la scène internationale. Des experts s'attendent à des relations indirectement nuisibles pour la Suisse.

Pour autant, cela ne signifie pas qu'il y aura confrontation directe, estime le professeur émérite en relations internationales de l'Université de Zurich Dieter Ruloff, interrogé par l'ats. Berne n'a que rarement à traiter avec les premiers cercles du pouvoir américain. Et la présidentielle ne change souvent en rien l'assignation des diplomates.

Au vu de son franc-parler et de son style impulsif, la Suisse aurait cela dit intérêt à ne pas irriter ni provoquer un président comme Donald Trump, anticipe M. Rulofff.

«Un éléphant dans un magasin de porcelaine»

En effet, la situation pourrait «devenir inconfortable du fait de l'inexpérience de M. Trump en matière de politique étrangère, et modifier de manière imprévisible le climat» de la diplomatie internationale actuelle.

Donald Trump pourrait se comporter «comme un éléphant dans un magasin de porcelaine» et provoquer de nouveaux conflits, selon M. Ruloff. Il pourrait aussi durcir le ton avec la Chine voire avec l'Union européenne (UE) et déstabiliser les marchés financiers, ce qui aurait des conséquences dommageables pour la Suisse qui gagne de l'argent ainsi, imagine-t-il.

Peu de changements pour les banques

Le politologue et consultant politique Louis Perron ne s'attend lui a priori pas à de grands changements s'agissant des relations entre les banques suisses et la justice américaine, si Donald Trump est élu. «Le vent a tourné depuis longtemps déjà», dit-il, interrogé par l'ats. Concernant l'échange automatique d'informations, tout est sur les rails ou même déjà décidé, dit-il.

L'impact d'une présidence Trump dans les autres secteurs économiques est plus difficile à déterminer. «On ne voit pas très bien pour l'instant où se situe Donald Trump. (...) Il ne fait pas vraiment campagne pour tel ou tel groupe d'intérêt», remarque M. Perron.

Même avis pour le directeur de la Chambre de commerce Suisse-Etats-Unis Martin Naville: «Pour l'instant, il n'y a pas de véritable programme dans la campagne de Donald Trump (...) On n'a franchement aucune idée de ce qu'il ferait une fois élu», constate-t-il.

Imprévisible

M. Ruloff souligne lui aussi cette imprévisibilité. Alors que les républicains y sont plutôt favorables, M. Trump a déjà critiqué l'accord de libre-échange transatlantique (TTIP). «Avec lui, le protectionnisme pourrait revenir sur le devant de la scène», avertit-il. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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