Berne: Une pub en gare demande de libérer un opposant turc
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BerneUne pub en gare demande de libérer un opposant turc

Une annonce sur grand écran exigeait la libération du chef du parti PKK. «Bombe» politique selon un élu inquiet.

par
jbm
Ce message a trôné par intermittence en plein centre de la gare.

Ce message a trôné par intermittence en plein centre de la gare.

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Entre lundi et mardi, un message demandant la libération du dirigeant du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) Abdullah Öçalan, condamné à la réclusion à perpétuité en 1999 en Turquie, est apparu à 600 reprises sur un écran situé en pleine gare de Berne, rapporte la «Berner Zeitung». Le Gouvernement turc, suivi par les Etats-Unis et l'Union européenne, voit dans son parti une organisation terroriste. Mais pas la Suisse qui a quand même décidé de restreindre sévèrement les activités du PKK en 2008.

Sujet sensible

«C'est politiquement hyper-chaud», a déclaré hier à la RTS le conseiller national Yves Nidegger (UDC/GE), coprésident de l'Intergroupe parlementaire Suisse-Turquie. Selon lui, évoquer sur la même affiche la cause kurde et le soutien à un dirigeant «communiste et terroriste» va entraîner des réactions dans le contexte politique tendu entre la Suisse et la Turquie.

Un entretien a d'ailleurs eu lieu hier entre l'ambassade et le Département des affaires étrangères. Il y a été rappelé que la loi suisse ne permet pas aux autorités d'intervenir dans de tels cas, sauf s'il s'agit d'un acte illégal ou qu'une plainte a été déposée. Or les CFF le martèlent: «Nous n'avons pas le droit de pratiquer la censure.» La diffusion, qui avait déjà eu lieu à Lucerne en septembre, est terminée à Berne. Elle sera réitérée à Soleure en novembre.

Cas similaire à Genève

Il y a peu, à Genève, des affiches demandant la libération du Baloutchistan ont froissé les autorités pakistanaises. Là aussi, au nom de la liberté d'expression, les publicités n'ont pas été retirées.

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