Mort de Typhaine en France: «Une punition» qui aurait mal tourné
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Mort de Typhaine en France«Une punition» qui aurait mal tourné

Après avoir reconnu que Typhaine, cinq ans, n'avait pas été enlevée mais était morte chez eux, la mère et son concubin, mis en examen pour coups mortels, ont a...

Après avoir reconnu que Typhaine, cinq ans, n'avait pas été enlevée mais était morte chez eux, la mère et son concubin, mis en examen pour coups mortels, ont avoué mercredi que la fillette avait succombé «sous une douche froide», lors d'une «punition» qui a mal tourné.

Lors de leur garde à vue mardi, Anne-Sophie Faucheur, 23 ans, et Nicolas Willot, 24 ans, avaient livré aux enquêteurs des scénarios divergents sur la mort de Typhaine, le soir du 10 juin à leur domicile d'Aulnoye-Aymeries (Nord), à une quinzaine de kilomètres de Maubeuge.

Entre-temps, la jeune femme a rejoint le récit de son compagnon, lors d'une audition avec un juge d'instruction. Elle a confirmé «des violences» répétées sur l'enfant ainsi que la mort de la fillette sous une douche froide destinée à la punir, selon une source proche de l'enquête.

La maman a placé Typhaine sous une douche froide de manière violente, parce qu'elle avait uriné dans son lit, a expliqué le concubin, qui n'est pas le père naturel de l'enfant.

L'avocat d'Anne-Sophie Faucheur, Maître Emmanuel Riglaire, a aussi évoqué «une punition qui va trop loin». «Ce jour là Typhaine aurait été tellement pas sage (...) qu'ils la mettent sous la douche froide et la laissent. Quand ils reviennent, elle ne va pas bien, elle suffoque. Nicolas Willot, qui est pompier volontaire, lui fait un massage cardiaque, mais trop fort, en vain», a-t-il expliqué.

Nicolas Willot, qui est allé plus loin que sa compagne dans ses aveux, a cependant «fait état de sévices assez réguliers de sa part et de la part de la mère sur Typhaine», qu'il a présentée comme «la souffre-douleur de la famille».

Comme sa compagne la veille, M. Willot a été mis en examen et incarcéré mercredi pour «violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner sur mineure de 15 ans et dénonciation de délit et crime imaginaire».

Il a reconnu avoir enterré lui-même le corps de la petite fille, le soir même du drame dans une zone de campagne en Belgique, probablement dans les environs de Mons.

Des investigations sont actuellement menées par les autorités belges sur commission rogatoire internationale, selon le parquet. «On fait des repérages pour restreindre le périmètre de recherches, en fonction des indications du concubin», a-t-on précisé.

Le parquet de Valenciennes, qui supervise l'enquête, espère qu'une autopsie permettra d'y voir plus clair sur la nature des maltraitances.

L'émotion était vive mercredi à Aulnoye-Aymeries (Nord), où des voisins ont déposé des roses blanches et des peluches devant le domicile du couple.

Anne-Sophie Faucheur avait annoncé la disparition de sa fille le 18 juin dernier, «enlevée» selon elle par un inconnu dans les rues de Maubeuge. Elle avait fait distribuer des affichettes à la population pour aider à la retrouver.

L'absence de témoin et le contexte familial troublé avait immédiatement éveillé des doutes chez les enquêteurs de la Police judiciaire de Lille.

Anne-Sophie Faucheur et le père naturel de Typhaine, François Taton, qui n'étaient pas mariés, s'étaient séparés en décembre 2005. Le père avait obtenu la garde de la fillette et la mère, celle de sa soeur, Caroline, d'un an plus âgée.

Mais le 22 janvier dernier, la maman avait enlevé la benjamine à la sortie de l'école à Lille. Elle vivait depuis avec ses deux filles et son nouveau compagnon à Aulnoye-Aymeries.

(afp)

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