Massacre à «Charlie Hebdo»: Une radio entendait ce que Coulibaly disait aux otages
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Massacre à «Charlie Hebdo»Une radio entendait ce que Coulibaly disait aux otages

Pendant la prise d'otages à la porte de Vincennes, RTL a appelé au supermarché. Amedy Coulibaly a mal raccroché le combiné, permettant d'écouter les conversations.

RTL a composé le numéro du commerce pendant que Coulibaly retenait ses otages. Vers 15 heures, le complice des frères Kouachi a décroché le combiné. Il n'a pas répondu et a aussitôt bouclé le téléphone, qu'il a mal raccroché. Les journalistes de RTL ont donc pu écouter les conversations entre Coulibaly et ses otages.

Des paroles confuses

Les propos du djihadiste sont brouillons. Sur un ton direct, le terroriste, armé de deux fusils mitrailleurs, sans laisser le choix du dialogue à ses interlocuteurs, affirme que les responsables du gouvernement «essaient de vous faire croire que les musulmans sont des terroristes».

Amedy Coulibaly reproche aux occidentaux d'être intervenus en Irak, en Syrie et au Mali. «Je pense à ceux qui avaient (comme président, ndlr) Bachar el-Assad en Syrie. Il torturait les gens (...) On n'est pas intervenu pendant des années (...) puis bombardiers, coalition de 50'000 pays (sic), tout ça (...) Pourquoi ils font ça? Il y a eu le nord du Mali et il y a eu la Syrie, un coup monté en même temps (...) Il n'y a eu aucune exaction (des islamistes, ndlr) au Mali (...) Il faut qu'ils arrêtent (…) d'attaquer l'État islamique, qu'ils arrêtent de dévoiler nos femmes, qu'ils arrêtent de mettre nos frères en prison pour rien du tout», dit le preneur d'otages.

Un otage tente de lui répondre

Le terrorise fait ensuite des reproches aux otages: «C'est vous qui avez élu vos gouvernements (sic) et vos gouvernements ne vous ont jamais caché que vous alliez faire la guerre au Mali ou ailleurs. Premièrement. Deuxièmement, c'est vous qui les financez. Vous payez les taxes et des trucs et vous êtes d'accord».

Un homme, retenu dans le magasin, lui rétorque que tout le monde est obligé de payer ses impôts. «On n'est pas obligé, je ne paie pas mes impôts, moi, lui répond le terroriste. Faites des manifestations et dites: 'Laissez les musulmans tranquilles et vous nous laissez tranquilles'. Pourquoi vous ne le faites pas?»

Ben Laden cité

Puis le preneur d'otages continue: «Nous, chez nous, c'est la loi du Talion. (…) Allah a dit dans le Coran: 'Ils transgressent, transgressez à transgression égale'. Si on touche nos enfants, nos femmes, nos combattants, on s'attaque aux hommes qui nous combattent».

Dans cet extrait proposé par RTL, qui a longtemps hésité avant de le publier, le terroriste évoque enfin ce qui se passe dans les pays musulmans: «En Irak, avec l'embargo, ils ont tué un million d'enfants. Bon, maintenant, je vous le dis à vous: votre armée, s'ils ne veulent pas mettre les pieds là-bas c'est parce que dès qu'ils toucheront le sol, ils se feront découper en deux minutes. Ils n'arrivent pas à combattre (…) Jamais ils n'arriveront à nous battre (…) Partout où ils ont été, jamais ils n'ont réussi».

L'enregistrement prend fin alors que Coulibaly cite Oussama Ben Laden: «Allah est avec nous», dit-il pour conclure.

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