Venezuela: Une rébellion contre l'armée aurait été déjouée
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VenezuelaUne rébellion contre l'armée aurait été déjouée

Le pouvoir en place a affirmé avoir déjoué dimanche une «attaque terroriste» contre une base de l'armée.

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L'ex-procureure générale Luisa Ortega, évincée par l'Assemblée constituante s'est réfugiée en Colombie, vendredi 18 août. Chaviste devenue opposante farouche au président du même bord politique, Nicolas Maduro, elle a été écartée du pouvoir dès que la Constituante a été instalée. (Image d'archive)

L'ex-procureure générale Luisa Ortega, évincée par l'Assemblée constituante s'est réfugiée en Colombie, vendredi 18 août. Chaviste devenue opposante farouche au président du même bord politique, Nicolas Maduro, elle a été écartée du pouvoir dès que la Constituante a été instalée. (Image d'archive)

Keystone
Vendredi 18 août également, le Parlement vénézuélien, seule institution contrôlée par l'opposition, a été privé de la majorité de ses pouvoirs par l'Assemblée Constituante, qui poursuit ainsi la reprise en main du pays amorcée par Nicolas Maduro. (Image d'archive)

Vendredi 18 août également, le Parlement vénézuélien, seule institution contrôlée par l'opposition, a été privé de la majorité de ses pouvoirs par l'Assemblée Constituante, qui poursuit ainsi la reprise en main du pays amorcée par Nicolas Maduro. (Image d'archive)

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Le Renseignement vénézuélien a perquisitionné mercredi le domicile de l'ex-procureure générale du pays, Luisa Ortega, une chaviste devenue dissidente, etévincée par l'Assemblée constituante. (Image - mercredi 16 août 2017)

Le Renseignement vénézuélien a perquisitionné mercredi le domicile de l'ex-procureure générale du pays, Luisa Ortega, une chaviste devenue dissidente, etévincée par l'Assemblée constituante. (Image - mercredi 16 août 2017)

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Le pouvoir vénézuélien a affirmé avoir déjoué dimanche une «attaque terroriste» contre une base militaire à Valencia, à 180 km au nord de Caracas. Deux assaillants ont été tués et huit capturés.

Nicolas Maduro a déclaré à la télévision publique que les morts et les prisonniers avaient été identifiés comme un officier déserteur et neuf civils. L'officier a été arrêté et «il donne des informations», comme le font sept des prisonniers, a-t-il précisé. Il s'agit d'une «attaque terroriste de type paramilitaire», a affirmé dans un communiqué le ministre de la Défense, Vladimir Padrino. Et de qualifier l'événement de «spectacle de propagande» et d'«acte désespéré».

Le chef des forces armées du pays, le général Jesus Suarez Chourio, avait auparavant fait état d'un mort et d'un blessé grave du côté des assaillants.

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07.08.2017 Le pouvoir en place au Venezuela a affirmé avoir déjoué dimanche une «attaque terroriste» contre une base de l'armée.

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Lourd dispositif

Un lourd dispositif militaire, avec notamment des blindés, était déployé dimanche matin aux alentours de la base militaire de Valencia survolée par des hélicoptères, selon des journalistes de l'AFP sur place, qui ont également entendu plusieurs détonations au loin.

Selon le ministre de la Défense, les assaillants faits prisonniers ont avoué avoir été recrutés «par des militants de l'extrême droite vénézuélienne en contact avec des gouvernements étrangers», et les forces de sécurité sont encore à la recherche «d'une partie du groupe, qui a réussi à s'emparer de quelques armes».

«Rétablir l'ordre constitutionnel»

Une vidéo supposément tournée dans un régiment de blindés de Valencia circulait dimanche sur les réseaux sociaux et dans plusieurs médias vénézuéliens. Elle montrait un homme se présentant comme un officier et se déclarant «en rébellion légitime» contre «la tyrannie assassine de Nicolas Maduro».

«Ceci n'est pas un coup d'Etat, ceci est une action civique et militaire pour rétablir l'ordre constitutionnel», affirmait cet homme. Il s'est présenté sous le nom de capitaine Juan Caguaripano, flanqué de 15 personnes en tenue de camouflage, certaines d'entre elles armées. «Nous exigeons la formation immédiate d'un gouvernement de transition et des élections générales libres».

La «grande muette» est sourde

Principal pilier du pouvoir chaviste, la puissante armée vénézuélienne est jusqu'à présent restée sourde aux appels de l'opposition pour qu'elle rejoigne son camp. Le pays est toujours secoué par une vague de manifestations antigouvernementales qui ont fait 125 morts depuis avril.

«Une normalité absolue règne dans le reste des unités militaires du pays», a assuré sur Twitter le vice-président du parti au pouvoir Diosdado Cabello, selon qui «ceux qui rêvent du contraire se heurteront au moral de la Force armée nationale bolivarienne». Le ministère de la Défense n'a, lui, en revanche pas souhaité faire de commentaire.

Procureure générale limogée

Cette «attaque» présumée contre l'armée survient alors que l'Assemblée constituante, élue le 30 juillet et contestée par l'opposition et par une grande partie de la communauté internationale, a entamé samedi ses travaux. Premier gros coup: elle a destitué la procureure générale Luisa Ortega, l'une des principales adversaires du président Maduro.

Présidée par l'ex-ministre des Affaires étrangères Delcy Rodriguez, une fidèle de Nicolas Maduro, la Constituante est dotée de tous les pouvoirs, avec pour mission de réécrire la Constitution de 1999 promulguée par Hugo Chavez. Nicolas Maduro lui a notamment fixé pour mission d'apporter la «paix» et de redresser l'économie en lambeaux de cette nation pétrolière, naguère immensément riche.

L'opposition accuse en revanche le dirigeant socialiste de vouloir accroître ses pouvoirs et prolonger son mandat qui s'achève normalement en 2019.

La Constituante devait mettre en place dimanche une commission chargée d'enquêter sur les «crimes» commis pendant les manifestations antigouvernementales. Selon l'ONG Foro Penal, au moins 4500 personnes ont été arrêtées depuis le début de la vague de protestations. Un millier d'entre elles sont encore en détention, dont 300 sur ordre de tribunaux militaires.

Sanctions respectées

Sur le plan économique, les banques UBS et Credit Suisse se rangent par ailleurs derrière les sanctions américaines contre des personnes de haut rang au Venezuela. Elles ont confirmé à l'ats respecter ces sanctions, après une information parue dimanche dans la Sonntagszeitung.

Ni UBS ni Credit Suisse n'ont en revanche voulu dire si de l'argent du président Nicolas Maduro était déposé sur des comptes chez eux ou si des fonds vénézuéliens étaient bloqués, selon des portes-paroles respectifs. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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