Sotchi 2014 - Snowboard: Une revanche teintée d'or
Actualisé

Sotchi 2014 - SnowboardUne revanche teintée d'or

Ultra-favorite, Patrizia Kummer s'est octroyé sans trembler le premier titre olympique de sa carrière.

par
Jean-Philippe Pressl-Wenger
Rosa Khutor

Les effusions de joie, ce n'est pas trop son truc. «C'est très compliqué d'expliquer mes sentiments, il y en a trop actuellement, a lâché la Haut-Valaisanne de 26 ans. Je suis comme ça… Je n'ai pas envie de crier ou quoi que ce soit, vous savez. Mais je suis évidemment contente, extrêmement contente.»

Avant l'épreuve, Patrizia Kummer avait rappelé que rien n'est jamais acquis, et que le fait de se présenter en favorite au départ d'une compétition olympique ne donne accès à aucun passe-droit. «Les médias et le public attendaient un titre de ma part, mais pas moi. Je savais que j'en étais capable si j'arrivais à sortir les mêmes manches qu'en Coupe du monde. Mais je n'aime pas me projeter dans l'avenir. Je n'aime pas non plus regarder en arrière. Je suis quelqu'un qui vit dans l'instant, Je vis le moment présent à fond, en course et dans la vie. »

C'est pour cette même raison que la sixième médaillée d'or helvétique à Sotchi ne veut pas entendre parler de victoire dans le slalom de samedi. «Ce titre ne va pas m'aider. A chaque course, les cartes sont redistribuées et chacun possède une nouvelle chance», a analysé la résidente de Mühlebach. Sa philosophie découle en partie d'un choix de carrière effectué après sa non-sélection pour les Jeux olympiques de Vancouver en 2010, vécue comme un camouflet. «Je n'avais pas complètement rempli les critères. On aurait pu me quand même me sélectionner, s'est souvenue la triple lauréate de la Coupe du monde. Ça m'avait fait mal, mais je m'étais ensuite remise en question. Il fallait que je change quelque chose. J'ai donc quitté le Valais pour m'établir à Davos et j'ai modifié plusieurs paramètres de mon entraînement.» Le courage dont Kummer a alors fait preuve pour casser sa routine s'est transformé en jackpot hier en Russie.

Christian Rufer, coach national:

C’est incroyable. J’étais à bout de nerfs déjà après les demi,

tellement il y a eu de suspense! Nevin Galmarini a été régulièrement bien classé cet hiver. Il a réussi à sortir son meilleur résultat de la saison aux JO, c’est parfait. Tant Nevin que Patrizia sont restés calmes. Ils ont toujours cru que la médaille était possible et ont pris les bonnes lignes, celles qu’il fallait prendre. Ces deux médailles sont la meilleure ­chose qui pouvait arriver à l’équipe en vue du slalom de samedi. Ça ­amène des émotions dans le team et la pression qui était sur nos épaules a déjà disparu. Ces Jeux sont d’ores et déjà une réussite. Bravo, mais ce n’est pas fini!

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