17.09.2020 à 03:58

Lyon (F)Une rumeur, des tueurs et un braqueur liés à Genève

Le cerveau désigné de l’attaque du change Migros de Thônex (GE) a été abattu en 2016. Le procès des meurtriers présumés a débuté lundi.

de
Richard Schittly
Le défunt serait lié à l’attaque du change Migros en 2010 à Genève.

Le défunt serait lié à l’attaque du change Migros en 2010 à Genève.

Keystone

Le procès pour meurtre qui se déroule actuellement devant la Cour d’assises de Lyon est hanté par une rumeur qui, à l’origine, est partie de Suisse. Sept hommes sont accusés d’avoir éliminé L., 39 ans, le 29 avril 2016, au terme d’une expédition punitive digne d’un polar. Des tueurs à moto, accompagnés d’un convoi de véhicules, ont tendu un piège mortel à cette figure à forte carrure du banditisme lyonnais.


Or, L., alias Lali, avait été désigné comme un informateur du célèbre commissaire Michel Neyret (lire l’encadré), notamment dans une lettre anonyme adressée à un avocat genevois, en plein scandale de corruption visant le policier. La lettre manuscrite prétendait même que l’ex-No 2 de la PJ avait protégé son informateur, en retardant sciemment les investigations sur le brigandage du change Migros de Thônex attaqué à l’explosif et à l’arme lourde le 26 novembre 2010.


Braqueur de haute volée, L. a été considéré comme le cerveau de cette spectaculaire intrusion du banditisme lyonnais à Genève. Selon nos informations, le commissaire Neyret a confirmé il y a peu à un proche du voyou qu’il n’avait jamais été son informateur. «La lettre anonyme de Suisse fait pshitt», affirme Me Héraud. L’avocat de l’ex-épouse du défunt a donc demandé la convocation du commissaire devant la cour pour laver L. de toute réputation de balance, même à titre posthume. «Le problème d’une rumeur, c’est qu’elle peut tuer, même si elle est fausse», réagit un autre avocat.

Un flic corrompu

Après 30 ans à l’antigang et à la direction de la PJ de Lyon, le commissaire Neyret a été condamné à 5 ans, dont 2 ferme, pour avoir fourni renseignements et services à de douteux personnages, contre des cadeaux. Le meurtre de L., survenu la veille du procès du policier révoqué, avait troublé. Informateur éliminé? Son nom n’est jamais sorti durant les surveillances de la police des polices, au contraire d’autres. «Preuve qu’il n’était pas mon informateur», confie Michel Neyret.

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