Brésil: Une rumeur dévastatrice pousse une ado au suicide
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BrésilUne rumeur dévastatrice pousse une ado au suicide

Persuadée que son ex avait fait circuler des photos intimes d'elle, une Brésilienne de 15 ans a mis fin à ses jours.

par
joc
Karina était également victime de moqueries racistes au lycée.

Karina était également victime de moqueries racistes au lycée.

Karina, 15 ans, a mis fin à ses jours le 7 novembre dernier. Son corps a été retrouvé sur le porche arrière de sa maison de Nova Andradina, à environ 800 kilomètres à l'ouest de Sao Paulo. Selon ses parents, l'adolescente n'a pas supporté des rumeurs disant que son ex de 17 ans avait publié des photos intimes d'elle datant de l'année dernière. La maman de Karina n'a rien vu venir. Son père, lui, a raconté avoir eu une discussion à ce sujet avec elle deux mois avant son décès: «Elle est venue me voir, disant qu'elle se sentait sale après ce qui lui était arrivé. Je lui ai dit que cela n'avait rien à voir avec elle,» a-t-il expliqué à BuzzFeed.

Le père de l'adolescente pense qu'en plus de cette rumeur dévastatrice, Karina était également victime de harcèlement scolaire en raison de ses origines. «Après sa mort, nous avons trouvé des messages d'élèves sur son WhatsApp, des messages haineux d'étudiants qui se moquaient de ses cheveux parce qu'elle était à moitié africaine et qu'elle utilisait un fer à lisser. Ils lui envoyaient ces messages depuis plus d'un an», a confié Aparecido Oliveira.

Directeur alerté

Le directeur du lycée que fréquentait la Brésilienne a expliqué avoir trouvé Karina un peu triste et «distante» ces derniers temps. Il a cependant assuré que dans un premier temps, il ignorait tout de son calvaire. «Le problème avec le harcèlement, c'est le silence», a déclaré Acacio Sampaio. Quelques semaines avant le drame, un élève avait alerté les responsables du lycée sur le comportement de Karina, qui avait essayé d'ingérer du poison. Convoquée par la direction, la jeune femme s'était alors confiée sur le cauchemar qu'elle vivait. «Nous n'avions pas pu identifier les harceleurs, mais nous avions parlé à tous les étudiants», a assuré le directeur. Cette discussion n'a cependant pas suffi à apaiser l'adolescente.

Effondrée par le décès de Karina, sa famille a en plus dû endurer l'épreuve de découvrir des photos de son corps sur WhatsApp. Selon la maman de la défunte, seule la police a été témoin de cette scène. Les proches de l'ado ont porté plainte, mais les autorités locales démentent fermement être à l'origine de cette fuite. «Je ne souhaite cela à aucune mère. Si j'avais su...», a confié Angela Saifer, 46 ans. La police cherche désormais à déterminer si les fameuses photos intimes de Karina existent réellement.

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Selon stopsuicide.ch, la problématique du suicide est un sujet complexe et multiple qui ne peut s'expliquer au travers d'une réponse unique. Cette association vise à briser le tabou qui englobe le suicide afin de réfléchir aux différents moyens permettant de mettre en oeuvre une aide concrète destinée aux jeunes en souffrance.

D'autres structures comme La Main Tendue (composez le 143) et la Ligne d'aide pour jeunes (147) sont également disposées à aider.

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