19.11.2020 à 20:12

Genève«Une semaine de fermeture, ça va, mais pas quatre mois!»

A l’appel de la Société des cafetiers-restaurateurs de Genève, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées jeudi sur la Plaine de Plainpalais. Elles ont réclamé la réouverture des commerces et des aides de l’Etat.

von
Léonard Boissonnas
ATS

«J’ai perdu 80% de mon chiffre d’affaires, j’aimerais rouvrir le plus vite possible car on n’arrive pas à tenir, déplore Helder, patron d’un café-bar situé aux Augustins. J’ai fait de la vente à l’emporter, mais deux-trois sandwichs, ce n’est rien. J’ai dû licencier la moitié de mes employés. Une semaine de fermeture, ça va, mais pas quatre mois», poursuit-il. Comme de nombreux confrères, il est venu manifester lors d’un rassemblement, jeudi après-midi, organisé par la Société des cafetiers restaurateurs hôteliers de Genève (SCRHG) sur la Plaine de Plainpalais. «Laissez-nous travailler», «Fermer tous les trois mois, ce n’est pas une solution» ou «Ne laissons pas mourir nos libertés, ni nos métiers» pouvait-on lire sur les pancartes des manifestants. Plusieurs centaines de personnes étaient présentes (600 selon les chiffres de la police), pour la quasi totalité masquées.

«Vous tuez le petit commerce»

Le président de la SCRHG, Laurent Terlinchamp, a d’ailleurs insisté au début du rassemblement sur le respect des règles anti-Covid «pour éviter de nous accuser à nouveau d’être à l’origine de contaminations»: «L’image est aussi importante que le message», a-t-il déclaré au micro, avant de s’en prendre au Canton: «Si vous fermez nos commerces, il faut nous aider, a-t-il martelé sous l’approbation de la foule. Ce qui a été proposé jusque-là n’est pas suffisant, il faut une aide à fonds perdus!» Plusieurs orateurs ont ensuite pris la parole. Parmi eux, Béatrice Berthet, présidente de l’association des Intérêts de Carouge, qui représente les artisans et les commerçants de la cité sarde, a réclamé de la part de l’Etat «une stratégie à long terme et pas du Stop & Go»: «Vous tuez le petit commerce, a-t-elle dénoncé. Nous avons effectué un énorme travail de prévention et malgré nos efforts, nous nous sentons incompris et pas soutenus. En aucun cas nous ne minimisons la crise sanitaire. Laissez-nous rouvrir immédiatement et laissez-nous vivre!»

Le «droit d’avoir une autre façon de penser»

D’autres intervenants, comme l’anthropologue de la santé Jean-Dominique Michel ou Ema Krusi, propriétaire d’une boutique, qui fustigent la politique sanitaire du gouvernement et minimisent les chiffres officiels de la pandémie depuis des mois, ont pris la parole. Des positions que n’a pas remises en cause Laurent Terlinchamp: «Le but de ce rassemblement était de donner la parole à ceux qui ne l’ont pas, explique-t-il. On est en démocratie, on a le droit d’avoir une autre façon de penser, je n’ai rien trouvé de choquant ni d’inacceptable.»

«Je crains de devoir licencier»

Dans la foule, Olga, patronne d’un bar situé aux Pâquis, dit ne pas savoir combien de temps elle pourra tenir. «J’ai cinq employés au chômage partiel, mais je crains de devoir licencier, relate-t-elle. J’avais des économies, mais elles ont servi à tenir lors de la première vague, mais là, une deuxième fois, ce n’est pas possible.»

Pour Lucas, jeune restaurateur au bénéfice d’un RHT, «il faut que la vie reprenne son cours, dit-il. Il n’y a pas que l’argent, il y a aussi le climat social, le climat dans les entreprises, ça devient déprimant. On ne sait pas combien de temps ça va durer. Je me sens privilégié car je suis en RHT, mais je pense aux autres, à ceux qui ont perdu leur travail.»

De son côté, Rodolphe, cuisinier et enseignant à l’Ecole Hôtelière de Genève, s’inquiète notamment pour les apprentis de 3e année: «Là, chez nous, on retrouve des apprentis qui ont été licenciés alors qu’ils doivent passer leur diplôme à la fin de l’année. Ce sont de vraies victimes.» Il s’interroge aussi: «Est-ce que ce serait intelligent de rouvrir les restaurants pour les Fêtes pour refermer ensuite directement? Pour l’économie, je pense que ça serait bien, mais peut-être pas au niveau sanitaire.»

«Sacrifiés du Covid»

«Je comprends la fermeture pour des raisons sanitaires, mais je ne comprends pas qu’on ne nous donne aucun moyen pour nous soutenir, déplore Laurent Terlinchamp. Nous ne cherchons pas à casser des interdictions, nous voulons une aide, car il n’y a aucune raison pour que nous soyons les sacrifiés du Covid. Ce genre de manifestation respectable est suffisamment porteuse pour que nos revendications soient comprises. Cela va peut-être nous permettre d’être entendus, et rien que pour ce peut-être, cela valait la peine d’organiser cette manifestation.»

Cette dernière s’est terminée comme elle avait commencé, calmement. La police cantonale n’a relevé aucun incident. Les forces de l’ordre ont tout de même dressé quatre contraventions pour non port du masque, indique leur porte-parole Alexandre Brahier. Loin donc de la manifestation non autorisée qui avait eu lieu samedi, où la police avait dû intervenir en raison d’infractions aux mesures anti-Covid.

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1168 commentaires
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Crossfist

21.11.2020 à 00:54

Mega bonne la miss sur BFM TV et son torse à l'helium

MSS

20.11.2020 à 23:58

Walt Disney Blanche neige et les 7 nains En Suisse Bricolage et les 7 sages 🤣😂🤣😂

Appli pour connaitre les contrevenants

20.11.2020 à 21:52

Vous avez qu'à rester ouvert c'est à nous de ne pas y venir. Pour ceux qui pensent refusé les mesures de distanciation sanitaires la justice s'en chargera en cas de contamination.