Méditerranée : Une septantaine de Suisses étaient à bord

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Méditerranée Une septantaine de Suisses étaient à bord

Au total, 69 Suisses se trouvaient à bord du «Costa Concordia», a précisé samedi le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE). Il n'y aurait pas de victime parmi eux.

«L'ambassade de Suisse à Rome est en contact avec les autorités (italiennes) et la compagnie de navigation», a précisé le DFAE dans son communiqué. Selon lui, l'évacuation du navire est en cours.

Pour les 69 ressortissants suisses embarqués sur cette croisière, «l'ambassade de Suisse en Italie, en collaboration avec le Centre de gestion de crises du DFAE à Berne, effectue les démarches nécessaires pour s'enquérir de leur état de santé et leur apporter le soutien nécessaire», précise encore le communiqué du DFAE.

Actuellement, Berne n'a pas d'information, selon laquelle des ressortissants suisses se trouveraient parmi les victimes.

Un précédent décompte établi par l'ats faisait état de 27 Suisses à bord, chiffre fourni par les trois voyagistes Kuoni, Hotelplan et Tui Suisse, qui n'ont pas eu connaissance de morts ou de blessés.

70 personnes toujours recherchées

Sur la base des données de l'armateur du Costa Concordia, le bateau de croisière qui a fait naufrage dans la nuit de vendredi à samedi, il manque environ 70 personnes à l'appel mais il se pourrait qu'elles se trouvent encore sur l'île du Giglio, où a eu lieu l'accident, a indiqué le préfet local Giuseppe Linari.

Sur les 4234 passagers et membres d'équipage dont 52 enfants de zéro à six ans, «nous en avons retrouvé pour le moment 4165, ce qui fait une différence d'environ 70 personnes mais nous faisons des recherches pratiquement de porte à porte sur (l'île du) Giglio», a indiqué M. Linari.

Selon la capitainerie du port de Livourne (côte ouest) qui coordonne les opérations, il faudra beaucoup de temps pour confronter la liste des passagers du Costa Concordia avec celle des plus de 4000 rescapés, évacués samedi matin vers le petit port de Santo Stefano en face du Giglio.

Ils ont été évacués «par les sauveteurs, en canots de sauvetage et par des embarcations privées des résidents du Giglio qui ont ensuite invité chez eux les rescapés», a expliqué Enrico del Santos de la capitainerie.

Un photographe de l'AFP a indiqué que les habitants du Giglio ont ouvert de façon très solidaire leurs portes aux naufragés, partis pratiquement sans rien, en leur fournissant des vivres et des couvertures. Le maire a réquisitionné des hôtels fermés pour la saison hivernale, des écoles, des centres sportifs, et même l'église a hébergé des survivants.

Selon des sources sanitaires, l'accident a fait au total une quarantaine de blessés dont deux graves, l'un souffrant d'un traumatisme crânien et un autre d'un traumatisme à la colonne vertébrale qui a été transféré vers un hôpital ultra-moderne à Sienne.

Risque de pollution

Les sauveteurs italiens continuaient samedi de chercher des disparus après le naufrage d'un navire de croisière au large de la Toscane. Les autorités craignent un risque de pollution. Près de 2'400 tonnes de gazole sont dans les réservoirs du paquebot.

Des plongeurs inspectaient toujours le navire, couché sur son flanc gauche avec une brèche énorme de 70 à 100 mètres, incliné à 80 degrés, et à moitié immergé, à la recherche d'éventuels survivants.

«Les contrôles viennent de commencer, c'est compliqué car il y a le risque qu'un des étages s'écroule», a indiqué Luca Cari, un porte- parole des pompiers. Les sauveteurs espèrent également que le navire pour le moment «échoué sur des rochers» ne glissera pas vers le large où selon les experts, il y a jusqu'à 100 mètres de fond.

Le préfet de Grosetto, Giuseppe Linardi a aussi souligné le risque de pollution puisqu'il y a 2'380 tonnes de gazole dans les réservoirs du navire.

Des témoins de l'île du Giglio ont encore indiqué à un journaliste de l'AFP, présent sur place, que le navire a non seulement heurté un rocher mais l'a arraché et qu'il se serait encastré dans sa coque.

Ennio Aquilino, commandant des pompiers de Grossetto, a indiqué pour sa part que ses hommes ont «sauvé (dans la nuit de vendredi à samedi) cent personnes de l'eau et environ soixante autres qui étaient piégées sur le bateau».

Il a dit ne «pas pouvoir exclure qu'il y ait d'autres personnes bloquées sous l'eau, peut-être dans leur cabine, jugeant possible qu'il y ait au total une quarantaine de disparus».

Echouage dans la nuit

Le Costa Concordia effectuait une croisière en Méditerranée lorsqu'il s'est échoué vendredi soir sur un banc de sable près de l'île de Giglio dans le sud de la Toscane. Il y avait à bord 3200 passagers plus environ un millier de marins et membres d'équipage, selon les garde-côtes. Plus d'une trentaine de personnes ont aussi été blessées dans ce naufrage, dont plusieurs sérieusement.

Une passagère a décrit des «scènes de panique dignes du Titanic», avec une bousculade parmi les évacués, des cris et des pleurs. «Je ne sais pas ce qui s'est passé, nous avions très peur et très froid parce que nous étions en tenue de soirée. Nous n'avons pas eu le temps de récupérer quoique ce soit, on nous a donné des couvertures mais ce n'était pas assez», a-t-elle souligné.

Le paquebot aurait heurté un rocher alors que les passagers dînaient. Paniqués, plusieurs d'entre eux ont sauté dans l'eau glacée.

Le préfet local Giuseppe Linardi a donné samedi un bilan de six morts et treize blessés. Mais il a précisé que celui-ci pourrait s'alourdir.

Des plongeurs étaient toujours mobilisés pour contrôler la partie du bateau immergée et pour voir si d'autres passagers pourraient s'y trouver. Des hélicoptères aidés de puissants projecteurs ont encore assisté les opérations de recherche durant toute la nuit.

Temple du divertissement

Le navire transportait au total un millier de passagers italiens, environ 500 Allemands et 160 Français, selon l'armateur Costa Crociere qui n'a pas donné d'autres détails sur les nationalités représentées à bord.

Le bateau, long de 290 mètres, était parti de Savone pour une croisière, avec des escales prévues à Civitavecchia, Palerme, Cagliari, Palma de Majorque, Barcelone, Marseille et (retour) à Savone. Le Costa Concordia était considéré comme un «temple du divertissement» avec ses 58 suites avec balcons, cinq restaurants, 13 bars, cinq jacuzzis et quatre piscines.

La compagnie Costa Crociera qui possède le navire s'est dite samedi «choquée» et a exprimée ses condoléances aux familles. Elle a encore indiqué ne pas pouvoir déterminer dans l'immédiat la cause de cet accident, assurant que l'évacuation a été rapide même si elle a été rendue difficile par le fait que le bateau penchait de plus en plus sur le côté, embarquant beaucoup d'eau.

L'île de Giglio débordée

«Nous sommes en pleine situation d'urgence», a indiqué pour sa part le maire de la commune de Giglio Sergio Ortelli, affairé à préparer sa petite île à l'accueil de plusieurs milliers de réfugiés.

Les passagers choqués ont en effet été hébergés dans les rares chambres d'hôtel de l'île, dans des centres sportifs et même à l'église. Ils ont été transférés par centaines samedi matin par ferries vers le port de Santo Stefano sur la terre ferme italienne.

Une brèche

Francesco Paolillo, un garde-côte a indiqué qu'il y avait une brèche de 30 mètres dans la coque mais qu'il est encore trop tôt pour dire exactement ce qu'il s'est passé. «Nous pensons que c'est parce que le navire a navigué trop près d'un obstacle comme un rocher», a-t-il dit.

Précédemment, un autre témoin avait indiqué à l'agence italienne Ansa les circonstances dans lesquelles l'accident a eu lieu: «les passagers étaient «en train de dîner quand la lumière a été coupée, un coup puis un grondement ont retenti et les couverts sont tombés par terre», a-t-il dit.

«Le bateau a commencé à embarquer de l'eau et à pencher sur le côté», a-t-il rajouté.

(ats/afp)

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