Tuerie d'Annecy: Une seule arme aurait été utilisée

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Tuerie d'AnnecyUne seule arme aurait été utilisée

Le massacre perpétré mercredi à Chevaline (F) aurait été commis au moyen d'une seule arme, a révélé lundi une source proche de l'enquête.

Une seule arme a été utilisée dans la tuerie mercredi de Chevaline dans les Alpes françaises qui a coûté la vie à quatre personnes, a indiqué lundi une source proche de l'enquête, confirmant une information de la chaîne de télévision M6.

Près de 25 douilles avaient été retrouvées sur la scène du massacre, laissant supposer dans un premier temps que plusieurs armes avaient été utilisées pour tuer trois membres d'une famille britannique et un cycliste français. Deux fillettes ont survécu au crime.

L'arme utilisée est un pistolet automatique de calibre 7,65 mm, un calibre moyen considéré comme ancien par des experts et ne correspondant pas à un armement moderne.

La conclusion d'une seule arme résulte des premiers examens balistiques, réalisés au microscope, et qui doit encore être approfondie et formellement confirmée.

Rebondissement en Grande-Bretagne

Le volet britannique de l'enquête sur la mystérieuse tuerie de Chevaline a connu un rebondissement spectaculaire lundi quand les abords du domicile de la famille al-Hilli --dont trois membres ont été tués-- ont été évacués après la découverte de «substances potentiellement explosives».

Aucune précision n'a été fournie quant à la nature de ces «substances» découvertes au troisième jour des perquisitions dans la maison familiale de Claygate, située dans la grande ceinture verte du sud de Londres, mais une source proche de l'enquête a fait état d'une procédure «de lever de doute».

La police du comté du Surrey a également laissé entendre que l'évacuation des voisins immédiats et la présence d'artificiers relevaient d'un principe de précaution. «En raison de préoccupations autour des éléments trouvés à l'adresse (...), les officiers de police ont étendu le cordon de sécurité autour de la propriété et les voisins immédiats de la maison ont été temporairement évacués», a indiqué à l'AFP un porte-parole.

Camion de déminage

Des policiers, certains armés, étaient visibles aux abords de la maison de construction récente, réplique des demeures de l'ère des Tudor, en milieu de matinée. Peu après, un camion de déminage du «Royal Logistics Corps» est arrivé sur place. Les journalistes tenus à bonne distance ont également pu apercevoir des militaires en tenue de camouflage.

Des vues aériennes prises à partir d'un hélicoptère par la chaîne de télévision Sky News ont permis de relever une animation toute particulière autour d'un cabanon située au fond du jardin des al-Hilli.

Mais l'observation du va-et-vient des enquêteurs - certains revêtus de combinaisons blanches et gantés - est rendue difficile par la pose d'écrans plastiques devant la demeure de la famille frappée par le drame. Le père Saad, 50 ans, la mère Iqbal, et la grand-mère ont été tués. Les deux fillettes du couple, âgés de 4 et 7 ans, ont survécu à la fusillade sur une route forestière de Chevaline, dans les Alpes françaises, mercredi dernier. Le quatrième mort est un cycliste français qui pourrait avoir été abattu par le ou les meurtriers soucieux de ne laisser aucun témoin.

Audition du frère d'une victime

Les enquêteurs - des gendarmes français assistés de policiers britanniques - poursuivaient en parallèle lundi l'audition du frère de Zaid, le frère de Saad al-Hilli. Elle a repris dès le début de matinée pour la troisième journée consécutive. L'homme est interrogé en qualité de «témoin libre» en un lieu tenu secret.

Ils n'ont pas commenté les informations qui ont circulé, faisant état d'un différend entre les deux frères, à propos d'un héritage consécutif à la mort du père en Espagne, l'an dernier.

Dans un premier temps, les enquêteurs avaient indiqué que la démarche prioritaire visant à «faire parler la maison» des al-Hilli s'accompagnerait d'auditions de proches. L'objectif est de dresser le profil de la victime, de ses activités professionnelles et de son passé, «dans l'espoir de tirer un fil».

Fuite d'Irak

La famille al-Hilli, originaire d'Irak, a fui ce pays dans les années 1970, à la suite de démêlés avec le parti Baas de Saddam Hussein.

Elle s'est établie dans un premier temps à Londres, avant de gagner Claygate il y a une vingtaine d'années.

Zaid habite non loin du domicile de son frère décédé, dans le Surrey. Il travaille, selon les médias, depuis plus de dix ans pour Burhill Group Ltd, un groupe qui possède notamment des golfs et des biens immobiliers.

L'enquête a également progressé lundi côté français. Le procureur d'Annecy Eric Maillaud a en effet confirmé que la troisième personne trouvée dans la voiture des al-Hilli criblée de balles était bien la grand-mère maternelle, résidant en Suède. Par ailleurs, des sources proches de l'enquête ont précisé qu'une seule arme avait été utilisée.

Deux témoins

Zeena, la plus jeune des fillettes du couple, indemne mais traumatisée, a regagné le Royaume-Uni dimanche, après avoir été entendue à deux reprises en France sans être en mesure de fournir d'éléments déterminants. Elle réside en un lieu tenu secret pour d'évidentes raisons de sécurité.

Zainab, 7 ans, blessée par balle à l'épaule et violemment frappée à la tête, est sortie dimanche du coma artificiel où les médecins l'avaient plongée. Mais ce témoin essentiel et a priori unique, toujours sous sédatifs, n'a pu être immédiatement entendu.

(afp)

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