Sommet du G20: Une sincère volonté d'agir pour la Suisse

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Sommet du G20Une sincère volonté d'agir pour la Suisse

Hans-Rudolf Merz et Micheline Calmy-Rey ont réaffirmé ce week-end la volonté de la Suisse d'agir dans le domaine du secret bancaire.

«La Suisse est un Etat sérieux: elle fait ce qu'elle dit».

«Nous n'avons aucun avantage à traîner les pieds car notre intérêt, c'est d'obtenir les mêmes conditions-cadres pour toutes les places financières. Nous avons de sérieuses concurrentes», a souligné la cheffe de la diplomatie helvétique, dans une interview au «Temps» de samedi.

Le gouvernement est déterminé à concrétiser ses décisions, qui mettent fin à la distinction entre fraude et évasion fiscale.

Avec l'inscription de la Suisse sur la liste grise, la pression a un peu diminué, a estimé le président de la Confédération et ministre des finances Hans-Rudolf Merz, dans une interview au «Tages Anzeiger» et au «Bund».

La décision de reprendre les normes de l'OCDE était bonne. Elle a été prise au bon moment, en même temps que d'autres places financières, selon M. Merz. Mais le Conseil fédéral a sous-estimé la pression sur le secret bancaire au départ, a dit Ueli Maurer, ministre de la défense et ancien président de l'UDC, à l'émission de la radio alémanique «Samstagsrundschau».

Cela prendra du temps

Mme Calmy-Rey et M. Merz relèvent que la renégociation des accords de double imposition prendra du temps. Le changement de 12 de ces textes, comme demandé par l'OCDE, ne se fera pas en une année, précise le grand argentier. La Suisse doit négocier et obtenir quelque chose. La priorité est donnée aux Etats qui présentent un grand intérêt économique pour la Suisse, a ajouté Hans-Rudolf Merz.

Les Etats-Unis arrivent en tête. Ils sont un partenaire important. De plus, «ils peuvent exercer une forte influence sur nous en portant atteinte à nos intérêts. Enfin, une plainte civile est ouverte contre UBS aux Etats-Unis», explique Micheline Calmy- Rey.

Les négociations formelles sur un nouvel accord de double imposition avec les Etats-Unis commenceraient fin avril, selon l'ambassadeur de Suisse à Washington, Urs Ziswyler.

Pour l'UE, la ministre des affaires étrangères aimerait une meilleure coordination des réponses suisses. Pour le domaine fiscal, elle laisse entendre que le Conseil fédéral a été saisi de nouvelles propositions et qu'il devrait prendre des décisions prochainement. Une séance spéciale du Conseil fédéral est agendée à mercredi.

A l'Allemagne, le président de la Confédération a dit que le ministre des finances Peer Steinbrück n'avait qu'à l'appeler s'il voulait renégocier l'accord de double imposition.

Liste arbitraire

Le fait que la Suisse se retrouve sur une liste grise s'explique vu qu'elle a pris des engagements, mais doit encore les mettre en vigueur. Mais «l'énorme surprise vient de la liste blanche, celle des juridictions jugées coopératives et donc lavées de tout soupçon». Il est de toute évidence plus facile de s'en prendre à un petit pays pacifique qu'à une grande puissance», s'insurge la cheffe de la diplomatie suisse.

Et d'ajouter: «Je ne peux m'empêcher de penser qu'une bonne dose d'arbitraire préside à l'établissement des listes». L'économiste français Jacques Attali, ancien conseiller économique de François Mitterrand, est plus direct dans le «Matin Dimanche»: «Les Anglo- Saxons n'ont pas supprimé les paradis fiscaux, ils ont éliminé leurs concurrents».

10 milliards au FMI

La Suisse devrait contribuer au renforcement du Fonds monétaire international (FMI) décidé par le G20, selon le président de la Confédération. Il part du principe que la Suisse pourrait donner une limite de crédit supplémentaire de 10 milliards de dollars.

La Banque nationale suisse (BNS) mettra à disposition le crédit et la Confédération le garantira, a déclaré le ministre des finances dans une interview à la «NZZ am Sonntag». L'augmentation du capital de 500 à 750 milliards de dollars sera formellement décidée à la réunion de printemps du FMI.

Un pays exportateur comme la Suisse a besoin de la stabilité du système financier international, dit M. Merz. «Ce serait fou et imprudent si la Suisse ne s'associait pas à ce financement».

(ats)

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