Actualisé 27.10.2009 à 22:15

LausanneUne socialiste propose de légaliser les drogues dures

Liliane Maury Pasquier lance cette idée pour nettoyer les rues des villes.

von
Raphael Pomey

C'est un pavé dans la mare. Commentant à la RSR le combat lausannois contre les dealers, Liliane Maury Pasquier a plaidé pour la légalisation de toutes les drogues, y compris les plus dures. L'argumentation: «Tout ce qu'on remet dans l'illégalité produit du crime.»

Ces propos choquent alors que les autorités lausannoises annoncent un renforcement du dispositif policier contre les dealers de coke africains. «Non-sens total», peste le député Patrick de Preux, célèbre pour ses affiches «Lausanne Dope City», qui présentaient la cathédrale surmontée d'une seringue. Pour le libéral, les idées de la socialiste sont en contradiction avec les interdictions toujours plus nombreuses en matière de tabagisme. La conseillère communale lausannoise Françoise Longchamp est furieuse. «Proposer la légalisation des drogues alors que la Ville s'attaque aux dealers est une bombe.»

Pour Liliane Maury Pasquier, ces indignations expriment une vision «très dogmatique» de la politique vaudoise de la drogue. Elle reconnaît la nécessité de la répression du trafic. «Je ne prétends pas tout régler en 45 jours. Je propose simplement des pistes de réflexion, sans tabou.»

La Genevoise reçoit le soutien de l'Institut de prévention ISPA: «Réfléchir à ces propositions est important», juge Corine Kibora, porte-parole. Elle note cependant que, même pour le cannabis, le peuple n'a jamais voulu de marché contrôlé.

Comment agir face à la drogue et aux dealers?

Anthony, 34 ans, ostéopathe, Vevey: Il y a déjà des travailleurs sociaux, mais il en faut plus. Cela permet d'évoluer dans un rapport moins conflictuel et de prendre en charge dealers ou toxicomanes de manière moins négative.

Julie, 18 ans, étudiante, Martigny (VS): On devrait faire plus de contrôles à l'entrée des discothèques. Il faudrait aussi un vrai dialogue avec les drogués, des lieux d'accueil et des punitions plus sévères pour les vendeurs.

Coskun, 39 ans, carreleur, Prilly (VD): C'est par la prévention, notamment auprès des jeunes, que l'on fera baisser la consommation. Et au lieu d'arrêter les dealers dans la rue, il faut coincer ceux qui sont à la tête des réseaux.

Andréa, 20 ans, étudiante, Epalinges (VD): Il faudrait légaliser les produits qui posent le moins de problèmes, comme le cannabis. Cela permettra de se concentrer davantage sur les drogues dures, qui sont un vrai fléau.

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