Genève: Une soirée entre potes se termine en bain de sang

Actualisé

GenèveUne soirée entre potes se termine en bain de sang

Deux jeunes sont accusés d'en avoir tué un autre à coups de couteau, durant l'été 2017. Ils disent avoir voulu se protéger.

par
Léonard Boissonnas
Le drame sest déroulé au 4e étage de cet immeuble situé près de l'Hôpital.

Le drame sest déroulé au 4e étage de cet immeuble situé près de l'Hôpital.

lfe/20 minutes

Alcool, cocaïne et violence: c'est le cocktail qui a conduit A., 24 ans, et, O., 29 ans, à comparaître depuis lundi au Tribunal criminel. Ils sont prévenus du meurtre d'un copain de 23 ans, décédé des suites de neuf plaies infligées par arme blanche, dans un logement de l'avenue de la Roseraie, le matin du 16 juillet 2017.

Après une soirée en boîte, les accusés, la victime et le fils du locataire de l'appartement s'y sont rendus pour continuer à boire et, pour certains, à consommer de la drogue. C'est après que le fils du locataire est allé chercher une prostituée que la situation a dégénéré. Devant les juges, les prévenus ont expliqué que le défunt «n'avait pas un comportement normal, il était énervé». Après s'être masturbé dans une pièce, celui-ci, incontrôlable, aurait commencé à «tout détruire».

Assiette cassée, coups de poing et de couteau

À la suite d'une empoignade, A. dit avoir été prendre deux couteaux à la cuisine. La victime se serait élancée vers lui avec la pointe d'une assiette cassée, «comme pour me tuer». C'est là qu'A. admet avoir donné les coups de couteau. O., lui, a raconté avoir eu «la peur de ma vie», lorsque le défunt a pris le morceau de vaisselle. Il a reconnu lui avoir donné deux coups de poing à la mâchoire pour aider A.

Si les accusés n'ont pas appelé les secours après être partis, laissant la victime agoniser, c'est qu'ils n'avaient pas mesuré la gravité des blessures, pensant que leur pote «se relèverait et irait voir un médecin». Le procès se poursuit.

Famille en douleur

«Notre vie a pris un virage à 180 degrés, personne n'est préparé à ce genre de situation»: la famille du défunt a évoqué devant le tribunal l'immense peine subie depuis près de deux ans. Le père a parlé d'un fils avec qui «je partageais tout, même nos habits». La mère a expliqué vouloir mourir, malgré son amour pour sa famille, «pour pouvoir retrouver mon fils». La soeur cadette a dit avoir perdu un «jumeau» malgré les onze ans de différence d'âge.

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