Actualisé 09.11.2011 à 09:56

Espace

Une sonde russe échoue à prendre sa trajectoire

Une sonde russe lancée dans la nuit de mardi à mercredi a échoué à prendre sa trajectoire vers Mars, a indiqué mercredi l'Agence spatiale russe (Roskosmos).

Une sonde russe lancée vers une lune de Mars a échoué à prendre sa trajectoire vers la planète rouge peu après son lancement mercredi. Cet incident pourrait constituer un sérieux revers pour la Russie qui tente de reprendre ses missions interplanétaires abandonnées depuis 15 ans.

La sonde Phobos-Grunt (Phobos-Sol, en russe) a été lancée dans la nuit de mardi à mercredi à bord d'une fusée Zenit depuis le cosmodrome russe de Baïkonour, au Kazakhstan, mais reste en orbite autour de la Terre au lieu de se diriger vers Phobos, une lune de Mars, a indiqué l'Agence spatiale Roskosmos.

«Le moteur ne s'est pas mis en marche (...). La sonde n'a pas pu s'orienter d'après les étoiles», a déclaré le directeur de Roskosmos, Vladimir Popovkine, cité par l'agence Interfax. Mais «nous avons trois jours» pour régler le problème, dans la mesure où «les batteries fonctionnent toujours», a-t-il ajouté.

Les spécialistes ont 72 heures pour télécharger un nouveau programme de vol, après quoi les batteries de la sonde seront vides, a prévenu M. Popovkine.

«Je ne dirais pas que c'est un échec. C'est une situation imprévue, mais elle peut être surmontée», a-t-il estimé.

«Pas au point»

Phobos-Grunt, qui consiste en un atterrisseur et un module capable de revenir sur Terre, doit atteindre sa destination après environ 11 mois de vol et collecter des échantillons du sol de Phobos. Les prélèvements sont attendus en 2014, si la mission se déroule comme prévu.

Un échec de cette sonde condamnerait par ailleurs aussi la première mission martienne de la Chine, Phobos-Grunt étant aussi censé mettre en orbite autour de Mars le satellite Yinghuo-1, qui doit étudier la surface et le champ magnétique de la planète rouge.

Avant même le lancement de la sonde, le directeur de Roskosmos avait prévenu qu'il existait un «risque», dans la mesure où 90% des instruments embarqués sont des nouveautés, la Russie ayant abandonné ce domaine depuis près de 20 ans.

En outre, «les spécialistes avaient prévenu que le système de gestion de la sonde n'était pas tout à fait au point», a déclaré mercredi une source au sein de l'industrie spatiale russe, citée Interfax.

Le pire est arrivé

«Le risque d'un incident lié à cette situation était très élevé. Malheureusement, les pires prédictions se sont réalisées», a ajouté cette source, soulignant que les chances de sauver la mission étaient minces.

«D'après moi, ce serait un miracle», a-t-elle ajouté, observant qu'une défaillance du système de gestion de la sonde était à l'origine de l'incident.

La mission Phobos-Grunt, prévue à l'origine en 2009, avait été reportée car les modules en question n'étaient pas prêts. Le lancement a été finalement fixé à 2011 car la fenêtre pour la trajectoire la plus courte entre la Terre et Mars ne s'ouvre qu'une fois tous les deux ans.

L'objectif de ces efforts est notamment de déterminer si Phobos est un astéroïde resté capturé par Mars ou si ce petit corps céleste - 18 km de diamètre - a été arraché à la planète rouge.

Dernier succès en 1986

Selon Roskosmos, déterminer l'origine de Phobos, le plus grand des deux satellites martiens, permettra de mieux comprendre les mécanismes de la formation du système solaire.

Phobos-Grunt est la première tentative de la Russie de procéder à une mission d'exploration interplanétaire depuis l'échec cuisant en novembre 1996 de la sonde Mars 96, qui était retombée dans l'océan Pacifique.

Le dernier succès d'une mission interplanétaire pour Moscou remonte à l'époque de l'URSS, avec les sondes Vega qui ont exploré en 1986 Vénus et la comète de Halley.

La Russie ambitionne de retrouver une place parmi les leaders de l'exploration spatiale. En juillet, elle a déjà lancé le radiotélescope Spektr-R pour étudier des zones éloignées du cosmos. (ats)

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