Actualisé 01.11.2013 à 21:44

Etats-Unis

Une star de la finance pour payer plus d'impôts

Bill Gross, patron du fonds d'investissement Pimco, s'est ajouté à la liste des ultra-riches américains qui souhaitent payer plus d'impôts pour réduire les inégalités aux Etats-Unis.

«L'ère où le capital est moins taxé que le travail doit prendre fin», écrit dans sa dernière lettre mensuelle aux investisseurs, titrée pour l'occasion «Tous des Picsou», le dirigeant du plus gros fonds en obligations du monde.

Bill Gross défend une réforme fiscale qui taxe davantage les revenus du capital. «La culpabilité me gagne et je commence à me désoler pour les gens moins gâtés», écrit-il à ses clients.

«Si vous faites partie des 1% de privilégiés, vous devriez (...) être prêts à payer des impôts plus élevés» sur les profits tirés des actifs financiers, poursuit ce résident de Californie âgé de 69 ans, au nom de la «croissance économique».

Car celui qui a donné des millions de dollars à des causes philanthropiques critique la façon dont les entreprises américaines réalisent aujourd'hui leurs profits, estimant que ce n'est pas à la faveur de ventes meilleures mais de «coupes dans les dépenses».

Il déplore du coup les «prix artificiellement élevés» des actions, qui enchaînent les records «grâce à la Fed», la banque centrale américaine, dont les injections de liquidités à hauteur de 85 milliards de dollars par mois «vont directement dans les actifs risqués au lieu d'aller dans des usines productives et des équipements». De nombreuses grandes entreprises ont par ailleurs recours à des stratégies fiscales sophistiquées pour minimiser le montant de leurs impôts.

Par cet appel, Bill Gross rejoint le club des richissimes hommes d'affaires comme Warren Buffett ou Bill Gates, qui se sont exprimés en faveur d'une redistribution fiscale plus juste, défendue par certains économistes.

L'économiste français Emmanuel Saez, de l'Université Berkeley en Californie, a notamment montré en septembre une hausse des inégalités aux Etats-Unis après la crise de 2008.

«Les revenus des 1% les plus riches ont augmenté de 31,4%, quand ceux des 99% restant ont seulement cru de 0,4% entre 2009 et 2012», affirme-t-il, se basant sur une méthode développée avec un autre chercheur français, Thomas Piketty.

(ats)

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