Une succursale de Demoscope falsifiait ses sondages
Six cadres de la succursale de Winterthour ont été licenciés. Une enquête interne a dévoilé que des réponses aux sondages étaient inventées.
C'est en mars dernier que Demoscope a eu des soupçons sur la récolte des données lors d'une série d'enquêtes menées dans sa succursale zurichoise. Une comparaison réalisée sur plusieurs années a montré que les résultats obtenus ne pouvaient pas être corrects, a expliqué Roland Huber, de Demoscope. L'institut a alors mené une enquête interne avec l'aide d'un avocat, qui a renforcé les soupçons.
Durant une longue période, des entretiens menés dans le cadre d'un grand projet ont été falsifiés avec l'aval des personnes chargées du contrôle. Les réponses ont parfois été inventées. Selon l'association suisse des spécialistes en recherche de marché et sociale (asms), on a alors constaté de claires violations des directives internes dans la conduite des enquêtes et le contrôle des erreurs.
L'enquête interne, qui s'est achevée à la mi-avril, a conduit le conseil d'administration de Demoscope à licencier six cadres. Les activités de la succursale de Winterthour, qui compte 80 postes de travail, ont été gelées, a précisé Roland Huber. Des employés à temps partiel ont cependant été chargés de projets isolés.
Enquêtes corrigées
Le commanditaire du projet concerné a été dûment informé. Avec l'aide des opérateurs téléphoniques et l'application de méthodes de controlling, les entretiens falsifiés ont été identifiés et les résultats des enquêtes menées durant cette période ont été corrigés rétroactivement, même si leurs résultats s'en sont trouvés affaiblis par un échantillon plus restreint et des critères plus exigeants. Demoscope est arrivé à un accord avec le commanditaire du projet.
L'institut possède deux autres succursales à Adligenswil et Genève. L'ensemble de ses activités n'a pas été influencée par les actes commis à la succursale téléphonique de Winterthour.
L'association asms a souligné que la branche allait poursuivre les contrôles effectués et les renforcer. Selon elle, le progrès technique permet d'étendre et d'approfondir systématiquement le contrôle des entretiens qui devrait devenir un standard de la branche. L'asms s'est donnée un an pour élaborer une série de mesures visant à éviter que le cas de Winterthour ne puisse se produire à nouveau. (ap)