Nestlé Sécuritas: Une taupe de Nestlé échappe à la justice
Actualisé

Nestlé SécuritasUne taupe de Nestlé échappe à la justice

La multinationale Nestlé avait fait infiltrer un collectif militant. Elle a toutefois réussi à faire valoir que ce dernier... n'existait pas juridiquement.

par
Joël Burri

Les avocats de Nestlé et de Securitas ont eu un coup de génie. Alors que leurs clients étaient accusés d'avoir envoyé une taupe pour espionner le Groupe anti-répression (GAR), ils ont prétendu que ce mouvement, qui lutte contre les abus de la police et des autorités, n'était pas une association constituée. Une condition nécessaire pour porter plainte. Afin de prouver le contraire, le GAR était sommé de fournir divers papiers, dont la liste de ses membres.

Un document que les militants se refusent à transmettre. «Pendant trois ans, Shanti Muller a transmis à ses employeurs des PV de nos séances et des listes de personnes participant aux activités. On n'allait pas compléter leur dossier en fournissant la liste de nos membres.»

Espionne de sécuritas

Résultat: après deux ans et demi, la procédure est abandonnée. La justice a estimé que, le GAR n'ayant pas prouvé qu'il était une association, il ne pouvait porter plainte. Et les militants devront prendre 660 fr. de frais à leur charge. «Mais puisque nous n'existons pas, nous ne pouvons pas payer», réplique le GAR.

C'est peu après les manifs contre le G8 à Evian, en 2003, que Shanti Muller a commencé à fréquenter le GAR. Militante modèle, elle en est devenue caissière et rédigeait les PV des séances. Preuve de son engagement, elle s'était même fait fendre l'arcade sourcilière par une matraque lors de heurts avec la police.

En réalité, elle était une espionne engagée par Securitas.

Ton opinion