Coûts de la santé: Une taxe de consultation aurait peu de chances d'aboutir
Actualisé

Coûts de la santéUne taxe de consultation aurait peu de chances d'aboutir

Annoncée une semaine avant la table ronde de mardi sur les coûts de la santé, l'idée d'une taxe de consultation laisse les partis sceptiques.

A leurs yeux, il faut se concentrer sur les tarifs (médicaments, soins ambulatoires) pour renverser la vapeur.

La rencontre réunira les acteurs du secteur, à savoir les services de Pascal Couchepin, les assureurs, les médecins et les cantons, alors qu'une hausse massive des primes maladie, jusqu'à 14 % en moyenne, se profile pour 2010. Les partis, eux, ne sont pas conviés et n'attendent guère de miracles de la discussion.

De droite ou de gauche, leur constat est sévère: les mesures prises jusqu'ici ne sont pas à même d'empêcher les coûts de prendre l'ascenseur à court et long terme. Et obliger les patients à payer de leur poche 30 francs environ avant qu'un médecin s'occupe d'eux ne va pas changer les choses. Comme la Fédération des médecins suisses (FMH), PS, PLR, PDC et UDC craignent que cette taxe soit contre-productive.

Problème déplacé

Les assurés, surtout les plus défavorisés, risquent de laisser la situation pourrir jusqu'à ce que leur état de santé nécessite un traitement lourd. «Au final, on se contente de déplacer le problème et de répartir autrement les coûts sans s'attaquer aux causes de leur hausse», note le conseiller aux Etats Urs Schwaller (PDC/FR), interrogé samedi par l'ATS.

La conseillère nationale Jacqueline Fehr (PS/ZH) ne ferme toutefois pas complètement la porte à une mesure ciblée uniquement sur les personnes qui vont aux urgences pour des pécadilles. Les soins ambulatoires en hôpital sont en effet plus chers que ceux dispensés par un médecin de famille.

Ses collègues restent réservés. Plutôt qu'une taxe, mieux vaudrait miser sur un système de filtrage pour soulager ces services hospitaliers, selon Christine Egerszegi (PLR/AG) et Guy Parmelin (UDC/VD). Ce dernier estime que la promotion des réseaux de médecins (managed care) est aussi une piste.

Tarifs des généralistes

La question des réseaux occupe depuis longtemps le Parlement, soucieux d'agir sur les coûts des traitements ambulatoires, en particulier en milieu hospitalier. Cette formule suscite beaucoup d'espoirs: elle est censée renforcer le rôle des médecins généralistes et améliorer le suivi de l'assuré avec, à la clé, des économies. La commission du National doit se pencher sur le sujet prochainement.

Dans l'immédiat, Jacqueline Fehr et Christine Egerszegi verraient d'un bon oeil que le point Tarmed soit revalorisé en faveur des généralistes au détriment des spécialistes. Urs Schwaller et Guy Parmelin n'y sont pas fondamentalement opposés. Le Vaudois doute cependant de l'effet incitatif d'un tel ajustement.

Les prix des médicaments, y compris des génériques, restent également en travers de la gorge des partis. Ils sont convaincus qu'une marge de manoeuvre subsiste. Des parlementaires fédéraux de tous horizons ont apporté leur soutien mi-mars à trois nouvelles mesures pour réduire la facture. Economies escomptées: 360 millions de francs.

Autre axe de réflexion pour les années à venir: le catalogue des prestations remboursées par l'assurance maladie de base. Tant l'UDC Guy Parmelin que le PDC Urs Schwaller appellent à avoir le courage de le passer au crible et de l'adapter si nécessaire. Il s'agit, d'après eux, d'un exercice inévitable pour gagner en cohérence et en transparence.

Transparence pour les primes

La radicale Christine Egerszegi, elle, exige davantage de transparence dans l'établissement des primes. Les services de Pascal Couchepin doivent être plus sévères et refuser les propositions injustifiées.

Jacqueline Fehr dénonce avant tout la chasse aux assurés jeunes et en bonne santé. Les offres très attractives faites à ces «bons risques» ont laissé les assurances exangues, les obligeant à augmenter les primes de manière disproportionnée, a analyés la socialiste. Et de suggérer d'interdire les caisses maladie bon marché.

Urs Schwaller attend lui aussi des explications. Le soupçon plane qu'une bonne part de la hausse des primes attendue découle d'un effet de rattrapage lié à une mauvaise appréciation de la situation ces dernières années. Il convient donc d'identifier les raisons de cette sous-estimation. (ats)

Ton opinion