Actualisé 18.01.2007 à 22:49

VIRUS, L'ENQUETE CONTAGIEUSE DE LA RADIO SUISSE ROMANDE«Une telle différence de prix est injustifiable»

Certains médicaments se vendent deux fois plus cher en Suisse qu'en France. Certains consommateurs n'hésitent pas à passer la frontière pour acheter leur sésame.

«Entre mon traitement pour mon diabète et mes anti-cholestérol, j'ai calculé, j'en ai pour 2000 à 3000 francs par an», explique Christian, un valaisan qui a constaté que le prix des produits de même marque qu'il utilise est, en France, divisé par deux. «Quand je m'y rends, j'y achète mes médicaments. Mon assurance, la Mutuelle, me rembourse à bien plaire puisque la Lamal en principe ne l'autorise pas. Mais rien n'incite à faire ce geste, bien qu'une différence du simple au double soit injustifiable». Un constat que font même certains producteurs. Si l'Office fédéral de la santé publique vérifie qu'un prix proposé par une entreprise est dans une moyenne européenne, les pays de référence (Grande-Bretagne, Allemagne, Pays-Bas et Danemark) sont tous de gros producteurs de médicaments! C'est seulement en cas d'écart trop important que l'on compare dans un deuxième temps avec l'Italie, la France et l'Autriche, où le secteur pharmaceutique est moins fort ou inexistant, et qui tirent les prix vers le bas. Deux ans après la mise sur le marché, premier contrôle, puis plus rien…jusqu'à l'échéance du brevet. Voilà pourquoi le Nexium, un médicament contre l'ulcère, mis sur le marché en 2001, coûte aujourd'hui deux fois plus cher en Suisse qu'en Allemagne, qui a fortement baissé ses prix de référence pour ce produit, depuis 2004 déjà. Josef Hunkeler, de la surveillance des prix, admet pourtant que 1600 médicaments de la liste des spécialités ont baissé en moyenne de 25%, et que les différences de participation à charge des assurés (20% pour les originaux et 10% pour les génériques) a fortement stimulé l'utilisation de ces derniers. Mais ce n'est pas assez, estime un internaute, qui souhaite que les caisses-maladies remboursent massivement les médicaments achetés en France, seul moyen, pense-t-il, de faire baisser les prix en Suisse.

Francesca Argiroffo (RSR)

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