Football - Young Boys: Une touche romande en Ligue des champions
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Football - Young BoysUne touche romande en Ligue des champions

Qualifié pour la Ligue des champions, le club de la capitale vit au rythme des sonorités françaises. Dans le vestiaire, on parle même la langue de Molière!

par
Stéphane Combe
Emmené par son capitaine Steve von Bergen, YB a l'accent français

Emmené par son capitaine Steve von Bergen, YB a l'accent français

Keystone

Ce n'est pas en 2018 que les équipes romandes quitteront leur canapé pour entendre résonner l'hymne de la Ligue des champions. Et alors? Young Boys se chargera d'emmener quelques Romands dans son avion. Mieux que ça: la principale langue parlée dans le vestiaire des Bernois est tout simplement le français. Entre les Suisses francophones, les Alémaniques bilingues ou presque, les Français et les Africains, le contingent de Young Boys affiche pas loin de douze joueurs parfaitement à l'aise en français.

Staff et joueurs, tout le monde sait le français

Mais ce n'est pas tout. En plus d'un effectif particulièrement à l'aise en français, on recense aussi de nombreux francophones dans le staff. Certains travaillent en sous-main, comme l'entraîneur de la réserve Joël Magnin, le chef des recruteurs Stéphane Chapuisat ou le responsable de la formation Gérard Castella.

D'autres sont même présents au quotidien autour de l'équipe. Arrivé cet été, l'entraîneur de la première équipe Gerardo Seoane parle bien mieux le français que son prédécesseur, Adi Hütter. Quant à Christoph Spycher, le directeur sportif, il a séduit bien au-delà de la Sarine ces derniers mois. Forcément, quand on parle français comme lui, ça aide.

«YB est la Suisse incarnée»

«Dans le vestiaire, ça switche en permanence. Avant Seoane, ça parlait déjà français, mais lui le parle parfaitement», explique Frédéric Stulens, physio de l'équipe, lui-même Belge, ce qui facilite bien évidemment la communication avec ses protégés à l'heure de soigner les bobos. «En un certain sens, YB est la Suisse incarnée. Nous avons des Romands, des Alémaniques, des Tessinois. On parle tous plusieurs langues, ce qui aide à ce que personne ne se sente seul dans son coin.»

Et Stulens d'insister sur la dimension de Berne en tant que capitale. «Nous sommes un club moderne, avec une image très suisse. Géographiquement, nous sommes au centre de la Suisse. Et historiquement, il y a toujours eu des Romands dans ce club. Je pense à des Rochat ou Nuzzolo.» Sans oublier le capitaine actuel, Steve von Bergen, qui est... parfaitement bilingue français-allemand.

Avec Gattuso, le physio était interprète

Est-ce la clé du succès des Bernois? Difficile à dire. Mais il s'agit assurément d'un élément capital (c'est le cas de le dire) dans l'intégration des grandes stars, à l'image de Guillaume Hoarau, maître à jouer, à penser, à philosopher de cette formation. Là où il pourrait s'agir d'un détail, la langue française devient une pièce maîtresse dans un vestiaire qui la maîtrise depuis longtemps. Ce n'est pas le joueur de Xamax Raphaël Nuzzolo qui dira le contraire, lui qui a gardé d'excellents contacts avec son ancien club, où s'est créée une véritable communauté francophone.

Alors qu'il officiait au FC Sion, Frédéric Stulens avait par exemple pris l'habitude de jouer les interprètes. Ce fut notamment le cas sous l'ère Gattuso. «Il fallait quelqu'un pour traduire son italien, qu'il s'agisse de terrain ou de théories vidéo. Alors j'avais endossé le rôle et ce n'était pas toujours simple», se remémore-t-il, non sans sourire. Avant de conclure: «heureusement, le football est un langage universel. Il n'y avait rien de neuroscientifique dans son discours.»

A Berne, tout est calculé au millimètre. Et cette dimension-là a aussi contribué au succès sportif.

Frédéric Stulens, physio à Young Boys

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