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Canton de VaudUne tour de contrôle pour le trafic Lausanne-Morges

Les autorités ont décidé de coordonner la gestion du trafic de l'agglomération Lausanne-Morges, en proie à des perturbations quotidiennes.

Une période de grands chantiers s'annonce pour l'agglomération Lausanne-Morges.

Une période de grands chantiers s'annonce pour l'agglomération Lausanne-Morges.

Keystone

L'agglomération Lausanne-Morges va se doter d'ici 2020 d'une tour de contrôle qui lui permettra de gérer le trafic de manière coordonnée et en temps réel. Objectif: mieux informer et diriger les conducteurs en cas d'accidents, de manifestations ou lors des futurs gros chantiers.

La gestion du trafic à l'échelle des communes de l'agglomération Lausanne Morges (PALM) se fait aujourd'hui de manière très sectorielle. La police cantonale, les polices de Lausanne et de Morges, les transports publics de la région lausannoise (tl) et ceux de Morges (mbc) ne sont aujourd'hui pas coordonnés, a déclaré lundi devant la presse Nuria Gorrite, présidente du Conseil d'Etat vaudois.

Une coordination efficace des partenaires est indispensable à l'heure où les perturbations sont quotidiennes et où de grands chantiers sont prévus, avec le goulet de Crissier, de nouvelles jonctions autoroutières, des requalifications de routes, la construction du tram, les bus BHNS, métro m3, a poursuivi la cheffe du Département des infrastructures.

Intelligence collective

Pour répondre à ce défi, la Confédération, le canton et les 26 communes de l'agglomération ont décidé de regrouper leurs compétences, leurs outils, leurs ressources et leurs équipements. Le coeur du dispositif est le projet de gestion coordonnée du trafic d'agglomération (GCTA).

«C'est une centrale, un cerveau, un outil stratégique qui reliera entre eux capteurs, caméras, feux, panneaux d'information, l'ensemble des équipements qui fonctionnent aujourd'hui séparément». A l'heure actuelle, 98% des communes ont déjà avalisé la proposition, a relevé la présidente du Conseil d'Etat.

120 scénarios

Dès 2020, la GCTA couvrira la gestion des perturbations quotidiennes causées par les accidents, les grands chantiers. Une centrale, située à la Grangette à Lausanne, répondra à la question suivante: en cas de perturbations, où injecter le trafic, a noté Mme Gorrite.

Quelque 120 scénarios ont été prédéfinis par les autorités. Contrairement aux applications usuelles comme Google, ils tiendront compte des décisions politiques telles qu'un 30 km/h dans une zone résidentielle, a-t-elle expliqué.

Lorsqu'un incident sera détecté, l'opérateur se basera sur l'un de ces scénarios. Il pourra par exemple agir sur les feux ou abaisser la vitesse. Le public sera informé par le biais de tableaux ou d'applications.

Un exemple existe déjà partiellement avec l'utilisation de la bande d'arrêt d'urgence de Morges en cas de trafic trop dense, a noté Mme Gorrite. Le système de gestion coordonnée est déjà utilisé dans les cantons de Genève et Zurich.

Sauver des vies

Cette gestion intelligente permettra non seulement de fluidifier la circulation, mais également de sauver des vies grâce à une plus grande réactivité, a ajouté la conseillère d'Etat Béatrice Métraux, en charge des institutions et de la sécurité. Aujourd'hui la moitié des plus de 2000 accidents annuels dans le canton se déroule dans le périmètre du PALM, selon la police.

Le système sera intégré au sein d'Ecavenir, a annoncé Mme Métraux. Ce centre regroupera toutes les centrales «feux bleus» aujourd'hui dispersées (117, 118, 144, etc.)

Coût de 27,6 millions

Dans ce contexte, le Conseil d'Etat présente au Grand Conseil une demande de crédit d'étude de 5 millions. Il demande également l'autorisation de conclure une convention avec l'Office fédéral des routes (OFROU).

Le coût de la GCTA est estimé à 27,6 millions de francs, répartis entre le canton (62%), les communes (22%), l'OFROU (12%) et les entreprises de transports publics (4%). S'agissant d'une mesure du PALM 2e génération, la tour de contrôle bénéficiera d'une subvention fédérale de 35% sur les dépenses consenties par les collectivités et entreprises de transport. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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