Actualisé 22.06.2015 à 16:15

BelgiqueUne tranchée «anti-gens du voyage» fait scandale

Un élu de la ville de Charleroi a fait creuser une tranchée autour d'un terrain où s'installent régulièrement des «gens du voyages» afin d'empêcher leur retour.

«Chaque année, de début mai à mi-juin, les gens du voyage s'installent lors de grands rassemblements sur ce terrain sans qu'aucune règle ne soit respectée», a expliqué à l'AFP le député socialiste au Parlement de la Wallonie (sud), Hicham Imane. «Cette situation de non-droit n'était plus tenable! Il fallait tirer la sonnette d'alarme et pousser les autorités à réagir», a-t-il ajouté, dans un pays où la législation n'oblige pas les communes à se doter d'un espace d'accueil pour ces populations.

Le terrain, situé dans le quartier de Marcinelle, jouxte une cité de logements sociaux appartenants à la société publique La Sambrienne, présidée par M. Imane.

Investi par «plus de 150 caravanes» jusqu'à la semaine dernière, l'espace est désormais délimité par une grande tranchée de 1,5 m de profondeur, creusée immédiatement après le départ de ses occupants et rendant impossible l'accès des véhicules.

«A contre-coeur»

«J'ai pris cette décision radicale à contre-coeur», a affirmé l'élu socialiste. Car «il faut légiférer et définir des terrains d'accueil dans toutes les communes, pas seulement à Charleroi, pour que les gens du voyage aient le choix» de leur lieu d'implantation, a-t-il estimé.

«Je regrette cette décision qui, sans jeu de mot, approfondit le fossé entre les gens du voyage et le reste de la population», a réagi lundi le directeur du Centre de médiation des gens du voyages et des Roms en Wallonie, Ahmed Ahkim.

«Mais je comprends aussi qu'il y ait de vives tensions. Elles proviennent du vide juridique autour de la question des gens du voyage, qui font pourtant partie intégrante de notre société,» a poursuivi M. Akhim, interrogé par l'AFP.

«Mur de la honte»

Cette nouvelle affaire intervient un mois après l'annonce d'un projet de construction d'un mur «anti-gens du voyage» à la frontière franco-belge, qualifié «d'illégal et contraire à la dignité humaine» par le Défenseur des droits français Jacques Toubon.

A la différence de la France, où la loi Besson oblige depuis 2010 les communes de plus de 5000 habitants à se doter d'un espace d'accueil pour les gens du voyage, la législation belge laisse aux municipalités l'initiative de gérer comme bon leur semble ces situations. (afp)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!