Actualisé 16.11.2013 à 10:57

LibyeUne trentaine de morts dans des heurts à Tripoli

Le bilan des heurts à Tripoli après qu'une manifestation pacifique contre la présence des milices a dégénéré vendredi s'est alourdi à 32 morts et 391 blessés

Des explosions et des tirs nourris ont retenti toute la nuit dans la capitale libyenne, mais samedi matin, un calme relatif régnait à Tripoli, secoué seulement par quelques tirs sporadiques dans le quartier de Ghargour, théâtre des affrontements de vendredi. La milice à l'origine des heurts a cependant reçu des renforts de sa ville d'origine, Misrata, à environ 200 km de la capitale, et a repris le contrôle de son QG.

«Le dernier bilan établi par la cellule de coordination du ministère de la Santé fait état de 32 morts et 391 blessés», a déclaré le directeur du bureau de l'information du ministère, Amar Mohamed Amar. Vendredi soir, le ministre de la Santé Noureddine Daghmane avait annoncé un bilan de 31 morts et de 285 blessés, ajoutant qu'il risquait de s'aggraver.

Les heurts ont été déclenchés vendredi dans l'après-midi après qu'une milice positionnée dans le quartier de Ghargour a tiré sur des manifestants pacifiques venus réclamer son départ de la capitale. En représailles, des hommes armés de plusieurs autres milices ont brièvement délogé cette milice de son QG, au prix d'affrontements meurtriers, et ont en partie incendié les lieux.

Des mercenaires sèment la terreur

Dans son bilan, le ministère ne distinguait pas les victimes tuées lors de la manifestation pacifique de celles mortes dans les affrontements ayant suivi. «Nous demandons à toutes les factions armées un cessez-le-feu pour que le gouvernement puisse (...) rétablir le calme dans la capitale», a appelé le gouvernement, alors que des policiers filtraient samedi les accès au quartier de Gharghour.

Les Tripolitains protestent régulièrement contre la présence de factions armées. Venues d'autres localités, elles avaient aidé à chasser le dirigeant Mouammar Kadhafi de Tripoli en août 2011, mais n'ont pas quitté la capitale, alors que le gouvernement peine à mettre sur pied une armée et une police. Les habitants accusent ces milices de s'adonner à tous les trafics et de pratiquer tortures, enlèvements et détentions arbitraires au secret. (ats)

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