Actualisé 24.11.2009 à 06:15

CambodgeUne très longue peine requise contre le bourreau Douch

Seule une «longue peine d'emprisonnement» peut sanctionner les crimes commis par Douch, patron de la prison de Tuol Sleng à Phnom Penh sous le régime des Khmers rouges, a estimé mardi dans son réquisitoire un des co-procureurs du tribunal international.

«Si elles étaient vivantes, les victimes rempliraient la galerie publique du tribunal plus de 24 fois», a estimé Chea Leang en ouverture d'un réquisitoire qui devait durer environ cinq heures.

«Rien d'autre qu'une longue peine d'emprisonnement ne devrait être prononcée à son encontre», a-t-elle ajouté, estimant que Douch était «l'efficacité impitoyable personnifiée».

Douch, 67 ans, de son vrai nom Kaing Guek Eav, est jugé pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité pour avoir dirigé la prison, aussi connue sous le nom de S-21, dans laquelle quelque 15 000 personnes ont été torturées, avant d'être exécutées, entre 1975 et 1979.

Des cinq cadres du régime aujourd'hui détenus, Douch est le premier à être jugé et le seul à collaborer avec la justice.

Mais il a constamment affirmé avoir agi par peur d'être lui-même abattu et a nié le rôle politique que l'accusation lui prête au sein du régime marxiste totalitaire de Pol Pot.

Chea Leang a longuement décrit les atrocités commises à S-21, les «prélèvements forcés de sang sur des prisonniers vivants jusqu'à ce que mort s'en suive», la «pratique de chirurgie anatomique sur des sujets vivants», les détenus «forcés de manger leurs excréments».

«Un individu n'était pas seulement exécuté, mais mis en miettes, oblitéré, effacé de la planète», a-t-elle ajouté.

Les plaidoiries de la défense sont attendues à partie de mercredi, ainsi qu'une intervention de Douch lui même. Sa défense assure que ses aveux sont sincères et a déjà indiqué sa volonté de tenter de lui épargner la peine maximale, à savoir la réclusion à perpétuité.

Le verdict ne devrait pas être rendu avant le premier trimestre 2010.

Entre 1975 et 1979, environ 2 millions de Cambodgiens, soit un quart de la population de l'époque, sont morts sous la torture, d'épuisement ou de malnutrition, avant que le régime ne soit renversé par l'invasion vietnamienne.

(afp)

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