Irak: Une vague d'attentats fait des dizaines de morts
Actualisé

IrakUne vague d'attentats fait des dizaines de morts

Une vague d'attentats à la voiture piégée a fait des dizaines de morts samedi en Irak en pleines célébrations de l'Aïd el Fitr, qui marque la fin du ramadan.

Douze attaques ont été recensées dans la seule ville de Bagdad. Elles ont visé des quartiers principalement chiites de la capitale, où des sources policières et médicales font état d'un bilan de 57 morts et plus de 150 blessés, selon un bilan de l'agence Reuters.

Les cibles étaient des marchés et des artères commerçantes très fréquentées en cette fête de l'Aïd el Fitr. Les explosions, apparemment coordonnées, sont comparables à celles qui avaient eu lieu mardi dans la capitale et dans ses environs, faisant plus de 50 morts.

A l'hôpital Al-Kindi, les médecins couraient poussant des brancards. Sur l'un d'eux, un homme aux yeux clos, la tête enroulée dans une couverture. Plus loin, les soignants traitaient un homme, visiblement un soldat, dont le visage, la poitrine et les bras étaient recouverts de sang.

Attaques dans le nord

D'autres villes ont été touchées. A Touz Khourmatou, à 170 km au nord de la capitale, l'explosion d'une voiture piégée a fait au moins dix morts et 45 blessés. La police estime que l'auteur de l'attentat, tué par l'explosion, visait le quartier général local d'un parti politique kurde mais que le renforcement des mesures de sécurité l'a empêché d'atteindre le bâtiment.

Non loin de là, une autre attaque a fait un mort devant une mosquée chiite de Kirkouk. Ces deux villes se trouvent dans une région particulièrement violente dont le gouvernement central et la région autonome du Kurdistan irakien se disputent le contrôle politique et administratif.

Deux voitures piégées ont en outre tué six personnes dans la ville de Nassiriya, à 300 kilomètres au sud de la capitale, et une troisième a fait quatre morts à Kerbala, ville sainte de l'islam chiite.

Condamnation américaine

Washington a dénoncé ces attaques «lâches (...) dirigées contre des familles qui célébraient l' Aid el Fitr». «Les terroristes qui ont commis ces actes sont des ennemis de l'Islam et un ennemi commun des Etats-Unis, de l'Irak et de la communauté internationale», a indiqué la porte-parole du Département d'Etat, Jen Psaki, dans un communiqué.

Le Département d'Etat a par ailleurs rappelé qu'une prime de dix millions de dollars était offerte pour «toute information qui aiderait les autorités à tuer ou capturer Abu Bakr al-Baghdadi», le chef d'Al-Qaïda en Irak .

Ramadan particulièrement violent

Le ramadan voit souvent une augmentation des violences, les jihadistes estimant leurs attaques encore plus justifiées. Mais cette année, il a été plus violent que par le passé, avec plus de 800 personnes tuées dans des attentats selon un bilan établi par l'AFP. Selon l'ONU, plus d'un millier de personnes sont mortes en juillet, le bilan mensuel le plus élevé dans le pays depuis cinq ans.

Les responsables gouvernementaux attribuent cette augmentation des attaques au conflit qui fait rage en Syrie voisine, et accusent régulièrement des pays étrangers d'encourager ces violences. Mais la crise politique qui oppose notamment la majorité chiite aux sunnites, a également servi les intérêts des extrémistes.

Les sunnites accusent les autorités de chercher à les marginaliser politiquement et de procéder à des arrestations arbitraires. Ils organisent des manifestations depuis la fin décembre.

Le gouvernement a fait quelques concessions, en libérant plusieurs milliers de prisonniers et en augmentant les salaires des combattants sunnites engagés contre le réseau Al-Qaïda. Mais les attentats à grande échelle ont repris à partir d'avril, après que les autorités ont abattu des dizaines de manifestants sunnites à Hawija. (ats)

Ton opinion