15.03.2020 à 21:45

Elections municipales 2020Une vague verte submerge les communes genevoises

Sur sa lancée des élections fédérales, le parti écologiste a confirmé sa poussée lors des scrutins municipaux. Le MCG, lui, s'effondre.

de
David Ramseyer
Les Verts genevois triomphaient déjà aux élections cantonales en 2018 (photo ci-dessus). Rebelote ce dimanche 15 mars 2020, aux municipales.

Les Verts genevois triomphaient déjà aux élections cantonales en 2018 (photo ci-dessus). Rebelote ce dimanche 15 mars 2020, aux municipales.

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Dans les colonnes de résultats, le signe + est omniprésent à côté de la mention «Les Verts». Hier, aux élections communales, le parti a fait une razzia en Ville de Genève - il est désormais la deuxième formation politique de la Cité de Calvin. Dans les cinq autres plus grandes villes du canton, sa représentation est partout en hausse, souvent de manière significative. Quant au premier tour des exécutifs, il s'est aussi teinté de vert.

Attendu, mais tout de même étonnant

Une poussée qui fait évidemment le bonheur du président de la formation écologiste: «Au total, nous avons plus que doublé nos sièges dans les communes. Après notre succès de l'automne au niveau fédéral, je m'attendais à poursuivre notre progression. Mais pas qu'elle soit si forte et quasi partout.» Nicolas Walder se dit ainsi très satisfait du bon score des siens dans les villes moyennes et même étonné de certains résultats positifs «inattendus, dans de petites communes comme Cologny, un bastion de toujours pour la droite».

Une tendance on ne peut plus logique, selon le président du parti socialiste, Gérard Deshusses. «Les Verts portent les questions d'urgence climatique, dont les enjeux sont très concrets et compris par tous, ce qui explique leur succès, qui me réjouit». Le patron du PS relève par ailleurs le bon score général de la gauche. S'il est surtout dû à la poussée écologiste, «il est intéressant de voir que la vague verte ne s'est pas faite au détriment du parti socialiste». Preuve que les deux formations sont complémentaires et que les électeurs l'ont bien senti, d'après Gérard Deshusses.

Le vote des indécis

Le succès écologiste ne constitue pas non plus une surprise pour le président du PLR, Bertrand Reich. Ce dernier explique que durant la campagne, sur les stands, «on a régulièrement entendu des citoyens indécis dire qu'ils allaient finalement élire des candidats écologiste car pour eux, 'voter vert, c'était voter pour le climat'».

Une attitude que le secrétaire général du MCG a de la peine à saisir. François Baertschi avoue ses craintes pour le futur du canton face à un électorat qui voit «l'avenir de la planète avant l'avenir de Genève».

MCG au bord du précipice

Les précédentes élections municipales avaient déjà marqué un gros coup d'arrêt pour le parti antifrontalier. En nette perte de vitesse depuis, le scrutin d'hier l'a cette fois fait mordre la poussière. Plombé par les rivalités internes, incapable de présenter une ligne politique claire, dixit la droite et la gauche, et sans doute débordé par l'UDC, le MCG a accumulé les pertes un peut partout, hier. Ainsi, dans les six principales communes du canton (Genève, Vernier, Lancy, Meyrin, Carouge et Onex), il est dépouillé de 26 sièges en tout. Dont par exemple la moitié de ses représentants dans son fief verniolan. Dans la municipalité carougeoise, c'est plus brutal: le parti disparaît. Le président du MCG estime cependant que le parti "a sauvé les meubles. On n'est pas mort!". Francisco Valentin regrette les démissions de plusieurs conseillers municipaux en cours de législature, dans plusieurs municipalités, "des sièges que nous n'avons pas su récupérer, hier. Néanmoins, je reste satisfait. Le parti est assaini, il doit repartir en nouvel ordre de bataille pour l'avenir". Le président de la formation se réjouit notamment du "bon score" de Thierry Cerutti, dans la course à l'exécutif de Vernier.

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