Réforme de la santé: «Une victoire pour tous» les Américains

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Réforme de la santé«Une victoire pour tous» les Américains

La cour suprême des Etats-Unis a validé jeudi soir l'essentiel de la loi sur la généralisation de l'assurance-maladie, réforme emblématique du mandat de Barack Obama.

Barack Obama a célébré sa victoire, entouré de son équipe politique.

Barack Obama a célébré sa victoire, entouré de son équipe politique.

La décision de la Cour suprême des Etats- Unis validant la loi sur l'assurance maladie est «une victoire pour tous» les Américains, a déclaré jeudi le président Barack Obama. La réforme vise notamment à assurer une couverture maladie à 32 millions d'Américains qui en sont dépourvus.

«Quelles que soient les arrière-pensées politiques, cette décision d'aujourd'hui est une victoire pour tous ceux qui, dans tout le pays, sont plus en sécurité grâce à cette loi et à la décision de la Cour suprême de la valider», a affirmé le président Obama dans une déclaration formelle depuis la Maison Blanche.

La Cour suprême des Etats-Unis a validé jeudi dans sa quasi- intégralité cette loi sur l'assurance maladie, dont le principe est que tout Américain devra se doter d'une assurance maladie, une décision qui touchera des millions d'entre eux.

«La plus haute juridiction du pays s'est maintenant exprimée. Nous allons continuer à mettre en oeuvre cette loi. Nous travaillerons ensemble afin de l'améliorer là où on peut», a poursuivi le président démocrate.

Mise en garde

«Mais ce que nous ne ferons pas, ce que ce pays ne peut pas se permettre, c'est de revivre les batailles politiques d'il y a deux ans» au moment de l'adoption de la loi en 2010, a-t-il insisté dans une mise en garde aux républicains qui ont promis jeudi de tout faire pour abroger le texte.

Dans leur arrêt, «(les juges) ont réaffirmé le principe fondamental qu'ici, en Amérique, dans le pays le plus riche au monde, aucune maladie ou accident ne devrait conduire à la faillite financière d'une famille», a conclu M. Obama.

Adversaires

Cette réforme historique suscite l'opposition farouche de quasiment tous les Républicains, dont Mitt Romney, futur adversaire de Barack Obama en novembre. Son abrogation est l'une des promesses de campagne du parti de l'éléphant.

La décision rédigée par le juge John Roberts donne raison au président démocrate sortant sur l'élément central de la loi, qui rend la couverture santé obligatoire, sous peine d'amende fédérale.Le président du parti républicain avait immédiatement réagi pour estimer que la cour suprême venait de définir «l'enjeu de la présidentielle de novembre». «Maintenant, la seule façon de sauver ce pays de l'ObamaCare et sa main-mise gouvernementale du système de santé, qui fait exploser le budget, est d'élire un nouveau président», a estimé Reince Priebus dans un communiqué.

Cette décision de la cour suprême était l'une des plus attendues depuis celle de 2000 quand le républicain George W. Bush avait été proclamé vainqueur de l'élection présidentielle après les problèmes de décompte en Floride.

D'après les sondages, une majorité d'Américains ne soutiennent pas cette réforme, qui, ironiquement, est inspirée d'un programme mis en place dans le Massachusetts quand Mitt Romney était gouverneur de cet Etat. La loi du Massachussetts est largement approuvée par les habitants depuis son entrée en vigueur en 2006. Mais Mitt Romney, qui la défend, estime que ces dispositions doivent être prises par les Etats et pas imposées par l'Etat fédéral. Il a promis de revenir sur la réforme s'il est élu président.

ObamaCare

Les dispositions clé de l'ObamaCare comme l'obligation de posséder une couverture santé doivent entrer en vigueur en 2014, au moment où la loi interdira également aux compagnies d'assurance de refuser une couverture à des personnes connaissant déjà des problèmes de santé. Une fois la réforme totalement appliquée, il restera selon les estimations quelque 26 millions de personnes sans couverture santé aux Etats-Unis, dont des immigrés en situation irrégulière.

Depuis sa promulgation il y a deux ans, 26 Etats avaient contesté la constitutionnalité de ce texte très controversé, qui représente la plus importante extension de la couverture sociale en plus de 40 ans.

Avant son adoption, les Etats-Unis étaient le dernier grand pays développé dépourvu de couverture de santé nationale. Celle-ci devrait s'étendre à plus de 30 millions d'Américains supplémentaires, sur une population de plus de 313 millions. Le Bureau du budget du Congrès (CBO) estime qu'environ 95% de la population devrait posséder une assurance-maladie à l'horizon 2019 si la législation entre en vigueur en l'état.

(ats)

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