Agression mortelle: «Une vie pour un regard, c'est cher payé»

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Agression mortelle«Une vie pour un regard, c'est cher payé»

Une quarantaine de personnes se sont réunies samedi après-midi dans le parc de Montbenon au centre de Lausanne. Elles ont témoigné en silence de leur tristesse et de leur colère après la mort d'un Algérien de 25 ans poignardé par un mineur de 17 ans.

«Une vie pour un regard, c'est cher payé» pouvait-on lire sur la petite banderole déployée sur les lieux de l'agression survenue le mardi 1er septembre. Les participants appartenaient en grande majorité à la communauté algérienne, notamment l'organisatrice du rassemblement.

En larmes, Mebarka, qui vit en Suisse depuis 32 ans, explique que la victime Sofian était «comme son fils», lui qui a été abandonné par sa mère à l'âge de quatre ans. Elle l'accueillait, il faisait des petits boulots comme peintre.

Passivité dénoncée

«Je suis fâchée: l'Etat ne fait rien» contre cette violence, déplore cette femme. Elle dit sa colère par rapport à ce qu'est devenue la Suisse en terme de sécurité: «de la merde». Elle demande l'expulsion du mineur qui a tué Sofian.

Younes veut lui aussi plus de sévérité contre les mineurs qui mettent en danger la vie des gens, autrement «c'est la porte ouverte». Le ton est souvent le même auprès d'autres participants à la réunion. Certains parlent d'une peine «exemplaire» nécessaire pour un acte de «sauvagerie». «Il y a 15, 20 ans, Lausanne n'était pas comme ça», lance un homme qui dit avoir peur.

Inculpation pour assassinat

Vendredi, l'agresseur a été inculpé d'assassinat. Réentendu par le juge des mineurs, le requérant d'asile arménien de 17 ans a confirmé ses premières déclarations: il dit avoir agi car il estimait que sa victime lui manquait de respect.

Il ne connaissait pas sa victime et affirme qu'il n'avait pas l'intention de tuer mais seulement d'imposer le respect. Comme il n'aura 18 ans qu'en janvier, il risque au maximum 4 ans de prison. (ats)

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