Genève: Une violence sur deux se déroule à la maison

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GenèveUne violence sur deux se déroule à la maison

L’an dernier, les violences domestiques ont diminué de 10% par rapport à 2020.

par
Lauriane Chautems
Image d’illustration.

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La conseillère d’Etat Nathalie Fontanet, chargée des questions d'égalité, a présenté les chiffres de 2021 concernant les infractions pénales pour violences domestiques ce jeudi matin: elles ont diminué de 10% par rapport à 2020. Elles sont au nombre de 1698. Toutefois, même si les chiffres baissent, les violences domestiques représentent un cas sur deux de l’ensemble des infractions pour violences. De plus, sur les six homicides commis l’an dernier, quatre se sont déroulés au sein d’un foyer.

Parmi la population majeure, les données montrent que 83% des victimes directes ont subi des violences dans un contexte conjugal. Parmi elles, 82% sont des femmes, tandis que 73% des auteurs sont des hommes. 

La police intervient moins

Pour les violences domestiques, les forces de l’ordre ont répondu 686 réquisitions en 2021. «Concrètement cela signifie qu’une ou plusieurs patrouilles sont intervenues», précise Emilie Flamand, directrice ad interim du Bureau de la promotion de l’égalité et de la prévention des violences (BPEV). Par rapport à 2020, le chiffre baisse de 6%. 

Une meilleure prise en charge

Afin d’améliorer la prise en charge des victimes, le Canton souhaite mettre en place diverses mesures. Un rapport a été validé ce mercredi par le Conseil d’Etat afin d’assurer 50% des frais de fonctionnement des lieux d’accueil d’urgence. La magistrate explique que cela permettra de renforcer la collaboration de ces endroits avec l’Etat. En effet, pendant la pandémie de Covid-19, des lieux d’accueil d’urgence ont parfois refusé des personnes que le Canton leur envoyait. Ceci afin de garder des places libres pour ceux qui les contacteraient directement.

Autre mesure: d’ici à fin 2025, 12 nouveaux «logements-relais» exclusivement destinés aux victimes de violences domestiques devraient voir le jour. Ces derniers permettent aux personnes qui ne peuvent pas retourner chez elles d’avoir un lieu de vie provisoire: «C’est à ce moment-là que les personnes commencent à se reconstruire», affirme Nathalie Fontanet. Une mesure qui permettrait ainsi de libérer des places dans les lieux d’urgence.

Genève, pionnière en la matière

Depuis 2011, un observatoire en collaboration avec le Bureau de promotion de l'égalité et de prévention des violences (BPEV) est en place pour recenser les cas de violences à Genève: «Nous sommes le seul canton avec une structure de ce type», assure la conseillère d’Etat. Un monitoring auquel participent 14 institutions du canton comme par exemple Arabelle, l’Hospice général ou encore la police cantonale. «Une organisation qui permet d’avoir une précision dans les chiffres et d’éviter les doublons dans le nombre de cas», commente Nathalie Fontanet.  En 2021, Pharos-Genève, association pour les violences faites aux hommes, a rejoint l’observatoire.

À Lausanne, l’unité d’accueil des victimes de violences domestiques a été renforcée il y a peu. 

20 Minutes

Les autres cantons

Dans le canton de Vaud, 3767 cas d’infractions pénales ont été recensés en 2021. Par rapport à 2020, la baisse est de 3,1%. En Valais, les chiffres ont diminué de 20,7% avec 795 cas pour l’année 2021. 

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