Actualisé 19.10.2017 à 20:01

Suisse-BirmanieUne visite de militaires birmans fait polémique

En pleine crise des Rohingyas, l'ambassadeur de Suisse à Rangoun monte au créneau pour justifier l'accueil des militaires sur sol helvétique.

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Des crimes de guerre ont bien été commis contre les Rohingyas mais pas de génocide, assure un rapport d'enquête birman lundi. (20 janvier 2020)

Des crimes de guerre ont bien été commis contre les Rohingyas mais pas de génocide, assure un rapport d'enquête birman lundi. (20 janvier 2020)

AFP
L'ancienne icône de la démocratie Aung San Suu Kyi comparait devant la Cour internationale de justice mardi pour défendre la Birmanie, accusée par d'autres pays de «génocide» contre les Rohingyas. (Mardi 10 décembre 2019)

L'ancienne icône de la démocratie Aung San Suu Kyi comparait devant la Cour internationale de justice mardi pour défendre la Birmanie, accusée par d'autres pays de «génocide» contre les Rohingyas. (Mardi 10 décembre 2019)

Keystone
Aung San Suu Kyi, à gauche, est accueillie par un représentant du Myanmar à son arrivée à l'aéroport de Rotterdam, aux Pays-Bas. (8 décembre 2019)

Aung San Suu Kyi, à gauche, est accueillie par un représentant du Myanmar à son arrivée à l'aéroport de Rotterdam, aux Pays-Bas. (8 décembre 2019)

AFP

L'ambassadeur de Suisse à Rangoun Paul Seger a défendu jeudi la décision de Berne d'accueillir une délégation de l'armée birmane cette semaine sur sol helvétique. C'était l'occasion d'avoir un «dialogue critique» et de demander que la lumière soit faite concernant la répression des Rohingyas, a-t-il dit.

«Nous avons réfléchi s'il fallait maintenir ou non cette visite» - souhaitée par l'armée birmane pour s'informer sur le fédéralisme - et estimé qu'«un dialogue ouvert et critique était plus important que jamais», a déclaré M. Seger dans l'émission Forum de la RTS. L'ONG de défense des droits humains Amesty International estime pour sa part que le voyage aurait dû être annulé.

Lorsqu'on obtient un entretien avec les autorités à Rangoun, «on dispose de 20 ou 30 minutes», a aussi souligné le diplomate. Avec cette visite, nous avons les participants cinq jours sous la main.

«Discrétion nécessaire»

Interrogé sur la discrétion maintenue par le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) autour de leur venue, Paul Seger a affirmé que la confidentialité était nécessaire pour mener un dialogue critique et éviter que Rangoun ne médiatise la visite.

Il assure que les participants ont été avertis qu'il ne s'agirait pas d'un voyage «de plaisance ou de complaisance». La Suisse a insisté auprès d'eux pour que la Birmanie «applique les standards internationaux». Tout en affirmant les appliquer, les Birmans ont reconnu que leur pays «avait besoin de réformes et de changements», a relevé l'ambassadeur.

Influence de l'armée

Nous allons faire un suivi pour voir si nos messages ont porté, a-t-il ajouté, précisant que Berne avait aussi demandé que la lumière soit faite concernant les accusations de répression contre les Rohingyas par l'armée birmane. D'après les derniers chiffres de l'ONU, 582'000 musulmans rohingyas ont fui la Birmanie depuis le 25 août, pour se réfugier au Bangladesh voisin.

Interrogé sur la réserve de la dirigeante civile du gouvernement birman et prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi dans ce contexte, très critiquée à l'étranger, il a souligné que l'armée avait encore beaucoup d'influence dans le pays et que la transition vers une véritable démocratie prendrait encore «beaucoup de temps», mais que Mme Suu Kyi restait la «meilleure option» pour y parvenir. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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