Liban: Une voiture piégée explose à Beyrouth
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LibanUne voiture piégée explose à Beyrouth

Un attentat à la voiture piégée a fait mardi 53 blessés dans la banlieue sud de Beyrouth, bastion au Liban du mouvement chiite pro-syrien du Hezbollah, a annoncé le ministre libanais de la Santé, Hassan Khalil.

La tension est vive au Liban depuis l'intervention de combattants du Hezbollah en Syrie voisine aux côtés de l'armée du président Bachar al-Assad. Des éléments du Hezbollah ont notamment pris part à la reconquête de Qousseir, ville stratégique proche de la frontière libanaise repassée au début du mois de juin aux mains du régime.

La plupart des Libanais chiites, emmenés par le Hezbollah, sont favorables au régime syrien de Bachar al-Assad, tandis que les sunnites soutiennent plutôt la cause de l'opposition syrienne, elle-même majoritairement composée de sunnites, à l'image du peuple syrien.

Déstabilisation du Liban

«C'est l'oeuvre d'agents qui cherchent à créer des tensions au Liban», a déclaré un député du Hezbollah, Ali Mekda. L'attaque s'est produite dans une zone commerçante du quartier de Bir al Abed, qui abrite de nombreux bureaux du Hezbollah.

Le ministre de l'Intérieur, Marouan Charbel, a estimé pour sa part que l'attentat était «un acte criminel visant à déstabiliser le pays et à provoquer un conflit intercommunautaire entre chiites et sunnites».

Il s'agit de la deuxième attaque qui frappe la périphérie sud chiite de Beyrouth depuis le début de l'année. Deux roquettes sont tombées dans cette zone au mois de mai.

On ignore qui est responsable de l'attentat de mardi, tout comme du tir de roquettes en mai. On ne sait pas non plus, pour l'instant, si des responsables du Hezbollah se trouvaient dans le secteur de l'attentat.

Onzième jour d'assaut à Homs

Le ministre israélien de la Défense, Moshé Yaalon, a affirmé qu'Israël n'était pas impliqué dans l'attentat de Beyrouth. «Nous constatons que la guerre en Syrie s'étend au Liban (...) Il s'agit d'une lutte entre chiites et sunnites. Nous observons, mais n'intervenons pas», a-t-il assuré.

En Syrie, l'armée fidèle à M. al-Assad a poursuivi mardi son assaut contre la ville de Homs, dans le centre du pays. «Depuis onze jours que l'armée bombarde en continu, la situation humanitaire déjà critique dans les quartiers rebelles de Homs s'est sérieusement détériorée», a déploré l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

«Des rebelles et des civils blessés ces derniers jours meurent parce qu'il n'y a pas de matériel médical pour les soigner», a ajouté l'ONG, basée à Londres et proche des insurgés, sans pouvoir donner de bilan.

«Le peu de matériel médical que les rebelles réussissaient à faire entrer dans ces quartiers passait par des tunnels. Ils ont été détruits par les bombardements. Ce qui se passe à Homs est une violation totale du droit international humanitaire», a affirmé l'OSDH.

Rebelles acculés

Au début de la révolte anti-Assad, Homs a été le théâtre de grandes manifestations, appelant à un changement de régime. Maintenant, les rebelles sont confinés dans de petites parties du centre de la ville, couvrant une surface d'à peine deux kilomètres carrés, selon l'expert français Fabrice Balanche.

L'ONU a estimé que plus de 2500 civils étaient bloqués dans les quartiers assiégés de la ville. Plus de 100'000 personnes ont été tuées dans le conflit syrien, qui dure depuis 27 mois, d'après l'OSDH.

Alors que l'opposition syrienne réclame des armes, les commissions du renseignement du Congrès américain ont bloqué lundi le projet de livraisons d'armes aux rebelles qui combattent le régime de Bachar al-Assad. Elles craignent que des armes sophistiquées ne terminent entre les mains d'islamistes radicaux.

Les élus ont également demandé à l'administration du président américain Barack Obama des précisions sur sa vision de la situation politique en Syrie, et l'impact que les livraisons d'armes pourraient avoir sur le terrain. (20 minutes/afp)

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