Salaires: Unia dénonce le blocage des négociations
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SalairesUnia dénonce le blocage des négociations

Le syndicat revendique une hausse de 100 francs des salaires minimaux d'embauche pour combattre la sous-enchère salariale.

A une semaine de l'ouverture du salon Baselworld, Unia dénonce le blocage des négociations salariales dans l'horlogerie. Le syndicat revendique une hausse de 100 francs des salaires minimaux d'embauche pour combattre la sous-enchère salariale.

«Nous n'avons pas été entendus», a affirmé jeudi le négociateur de la délégation horlogère d'Unia et membre du comité directeur Aldo Ferrari. «Les salaires de l'horlogerie ne sont pas swissmade», a ajouté le syndicaliste en dénonçant l'attitude des représentants patronaux.

Salaires minimaux d'embauche

Après cinq mois de négociations, la Convention patronale a proposé en moyenne 20 francs d'augmentation, 40 francs dans une région où les salaires sont très bas, a expliqué Unia. Dans quatre régions sur sept de l'arc horloger, les salaires minimaux d'embauche n'atteindraient pas selon lui la barre des 3500 francs.

Ces salaires sont fixés à des niveaux qu'Unia juge inacceptablement bas: entre 3300 et 3590 francs suivant les régions. «Indigne d'une industrie qui va bien», a répété Aldo Ferrari. Le comité directeur accuse l'industrie horlogère de profiter de la libre-circulation des personnes pour engager des frontaliers à des tarifs aussi bas que possible.

La Convention patronale a présenté sa position dans ce dossier en précisant que lors de la dernière rencontre avec le syndicat elle avait offert d'augmenter les salaires minimaux d'embauche de 0,5% dans les régions où ceux-ci dépassent les 3500 francs et jusqu'à 1,5% pour les régions où ils se trouvent en dessous. Une offre rejetée par Unia.

Un paradoxe

Pierluigi Fedele, responsable de la branche horlogère d'Unia, a lui évoqué un paradoxe entre les résultats affichés par les principaux groupes horlogers et les salaires minimaux d'embauche pratiqués en Suisse. Les exportations de montres ont été multipliées par huit en quatre décennies pour atteindre 21,4 milliards de francs en 2012, un nouveau record.

L'horlogerie va continuer à embaucher massivement ces prochaines années. Plusieurs projets de nouveaux sites de production sont en cours d'achèvement, notamment celui de Swatch Group à Boncourt (JU), avec à la clé la création de centaines d'emplois. Dans le même temps, le marché du travail dans le secteur horloger est partiellement asséché.

Négociations pas interrompues

Malgré ces tensions les négociations ne sont pas interrompues. Le syndicat Unia n'a d'ailleurs pas voulu faire appel à un médiateur comme le lui permet la convention collective de travail (CCT) des industries horlogères et microtechniques signé en janvier 2012 en cas de conflit.

La Convention patronale estime elle aussi que la procédure prévue par la CCT n'a pas été épuisée et qu'une solution «satisfaisant» les deux parties est encore atteignable. Elle réfute par ailleurs les accusation de dumping dans la mesure où les enquêtes conduites par les commissions tripartites cantonales n'ont jamais constaté de sous-enchère salariale dans la branche. (ats)

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