Actualisé 06.08.2014 à 18:35

Moyen-OrientUnion sacrée des Kurdes contre l'Etat islamique

Les combattants kurdes d'Irak, de Syrie et de Turquie ont uni mercredi leurs forces dans une rare alliance pour combattre les jihadistes dans le nord irakien.

Cette sorte d'union sacrée vise également à venir en aide à des milliers de civils bloqués dans les montagnes voisines depuis dimanche.

Les forces kurdes ont lancé un assaut contre les jihadistes de l'Etat islamique (EI) dans une localité à seulement 40 km au sud-ouest d'Erbil, la capitale du Kurdistan semi-autonome dans le nord de l'Irak, a déclaré mercredi un responsable kurde.

«Nous avons changé de tactique et sommes passés de la défensive à l'offensive. Nous affrontons désormais l'Etat islamique à Makhmour», a dit Djabbar Yawar, secrétaire général du ministère chargé des peshmergas, les combattants kurdes.

Le lieu de cette bataille signifie que les jihadistes n'ont jamais été aussi proches de la région semi-autonome kurde depuis le déclenchement de leur offensive dans l'ouest et le nord de l'Irak en juin.

Efficaces et organisées

Les Kurdes venus de Syrie et de Turquie «sont chargés de combattre» les jihadistes «dans la région de Rabia et Sinjar», à l'ouest de Mossoul, a déclaré un haut responsable du parti de l'Union patriotique du Kurdistan (UPK), Hallo Penjweny.

«De notre côté, nous (les peshmergas) nous occupons de Zoumar et du reste du secteur au nord et à l'est de Mossoul», a-t-il annoncé.

Les peshmergas sont considérés comme de loin les forces les plus efficaces et les mieux organisées d'Irak. Mais les problèmes de trésorerie du Kurdistan, dont la part de revenus pétroliers a été bloquée par Bagdad, pèsent sur le financement et l'équipement des troupes.

Les combattants du Parti kurde syrien de l'Union démocratique (PYD) ont annoncé eux avoir déjà repris le contrôle de Rabia, mais l'état de leurs avancées dans la région de Sinjar restait inconnu.

Un attentat-suicide à la voiture piégée à un poste de contrôle peshmerga entre Mossoul et Erbil a tué mercredi un combattant kurde et en a blessé 13 autres, selon des témoins et des sources de sécurité.

Avec le soutien de Bagdad

Djabbar Yawar a précisé que la coopération militaire avait été relancée avec le pouvoir central à Bagdad. Les dirigeants kurdes et le Premier ministre chiite Nouri al-Maliki s'opposent dans un grand nombre de domaines et leurs relations s'étaient encore détériorées à la faveur de la crise actuelle avant de les amener à taire au moins provisoirement leurs divergences en raison des progrès effectués sur le terrain par les combattants de l'EI.

Au cours du week-end, les insurgés sunnites ont lancé une nouvelle offensive vers le Nord. Ils ont notamment pris dimanche la ville de Sinjar, où vit une importante communauté de Yazidis, des Kurdes adeptes d'une religion dérivée du zoroastrisme que les jihadistes sunnites considèrent comme des infidèles. L'attaque a jeté sur les routes quelque 200'000 personnes, selon l'ONU.

Après ces revers cuisants, et en l'absence d'une armée fédérale capable de contrer les jihadistes, des combattants kurdes du PKK turc, du PYD syrien et des peshmergas irakiens ont uni leurs forces dans une collaboration sans précédent.

Des milliers de civils sont depuis bloqués dans les montagnes du nord irakien après avoir fui les jihadistes. Nombres d'entre eux risquaient autant la faim et la soif que les massacres des jihadistes.

Des vivres largués

Les civils coincés «ont désespérément besoin d'une assistance humanitaire», a déclaré Donatella Rovera, conseillère principale sur la réaction aux crises à Amnesty International, citée dans un communiqué publié mercredi par l'organisation.

Des hélicoptères de l'armée leur ont largué des vivres et de l'eau, mais un responsable de l'UPK a prévenu mercredi que les forces kurdes auraient besoin de plusieurs jours avant de pouvoir leur assurer un passage sûr. (ats)

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