Genève – Urne funéraire volée: «Mon mari mérite de reposer en paix»

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GenèveUrne funéraire volée: «Mon mari mérite de reposer en paix»

Une veuve a découvert que l’alcôve qui abritait les cendres de son époux était vide. Les pompes funèbres sont sous le choc. Plainte a été déposée.

par
David Ramseyer
L’urne reposait dans cette aile du columbarium, au centre funéraire de Saint-Georges. 

L’urne reposait dans cette aile du columbarium, au centre funéraire de Saint-Georges. 

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«C’est abject», lâche Mireille, les yeux embués. Le 28 mars dernier, en allant fleurir la sépulture de son mari décédé il y a deux ans, la quinquagénaire a réalisé que l’urne funéraire n’était plus à sa place, au columbarium de Saint-Georges. «Avec mon compagnon actuel, nous avons remarqué que la plaque coulissante n’était pas scellée. On a trouvé ça bizarre, on l’a soulevée un petit peu, puis j’ai glissé la main dans la case et voulu en quelque sorte «caresser» mon mari. Mais c’était vide.» Stupéfaction de la veuve et colère de son ami: «C’est un sacrilège!»

Cause du vol inconnue

«Je ne demande qu’une chose: que la personne qui a dérobé l’urne me la restitue, mon époux mérite de reposer en paix, murmure Mireille. Ou alors, si quelqu’un a dispersé les cendres, que je sache où, pour continuer à me recueillir.» Mais pourquoi un tel vol? La Genevoise, qui a déposé plainte, se perd en conjectures. «Une malveillance? Connu dans le canton dans le milieu de l’automobile, mon mari était très apprécié. Une rançon? Je n’ai pas reçu de demande. Je ne comprends pas.»

Profanations rarissimes

Les atteintes contre des sépultures constituent des exceptions. En 2021, la police cantonale a recensé le vol d’une plaque funéraire et trois vols de fleurs sur des tombes. De leur côté, les pompes funèbres de la Ville relèvent «quelques rares disparitions d'ornementations – des fleurs ou des bougies posées de part et d'autre des cases». Elles signalent par ailleurs un incident particulier, survenu il y a des années au sein d’une famille dont les membres étaient en conflit: «L'un d'eux a sorti l'urne et l'a déversée devant la case.»

Une première

Le Service des pompes funèbres confirme la disparition de l’urne et précise que «celles déposées dans les cases à proximité étaient toujours en place». Interloqué, il avoue que «c’est la première fois que nous sommes confrontés à une telle situation». Situé dans les jardins du cimetière Saint-Georges, le columbarium ne bénéficie pas d’une surveillance particulière et les lourdes plaques n’y sont effectivement pas scellées.

«La responsabilité formelle du Service n'est pas engagée», souligne sa cheffe, Anne Humbert-Droz. Celle-ci espère cependant que l’urne sera retrouvée: «Nous ne pouvons que déplorer cet événement  profondément choquant pour la famille.»

Perpétuer le souvenir malgré tout

La concession d’une case de columbarium s’étend sur 20 ans minimum et est facturée 1000 francs, au total. Mireille peut choisir de conserver l’alcôve et la plaque qui y est apposée, comme lieu de recueillement à la mémoire du défunt. Des familles procèdent ainsi lorsqu’elles n'ont ni dépouille, ni cendres, imagent les pompes funèbres. La veuve peut sinon solliciter «une désaffectation anticipée et une demande de remboursement, qui seront examinées à la lumière des circonstances extraordinaires de ce cas, et récupérer sans frais la plaque, qui lui appartient».
 

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